Investissements étrangers: la France championne d’Europe

Selon le baromètre de l’attractivité d’EY, la France est la destination numéro un en Europe des investissements étrangers et elle devrait pouvoir rebondir malgré la crise du coronavirus.

Les entreprises étrangères implantées en France emploient 2 millions de personnes. Crédit: iStock.

C’est une première! En 2019, la France est devenue destination numéro un en Europe des investissements étrangers. Pour se hisser tout en haut du podium, elle a devancé le Royaume-Uni et l’Allemagne, ses adversaires historiques, rapporte le baromètre annuel sur l’attractivité de la France réalisé par le cabinet d’audit financier et de conseil EY et publié ce jeudi 28 mai. 

Ce dernier chiffre à 1 197 le nombre de projets d’implantations étrangères annoncé sur son territoire. Un chiffre en hausse de 17 % par rapport à 2018. Cette place de numéro un récompense les efforts réalisés pour faire de l’Hexagone un pays « business friendly » pour les investisseurs. 

Un enjeu de taille

Seulement, la pandémie de coronavirus rebat les cartes de l’attractivité. Pour la France, l’enjeu est de taille puisque les entreprises étrangères implantées en France emploient 2 millions de personnes et représentent 31 % des exportations nationales. Mais, selon l’étude, 65% environ des investissements annoncés en 2019 seraient maintenus, 25% reportés ou fortement révisés et 10% annulés. Mais il ne faut pas perdre de vue que même les projets révisés n’atteindront peut-être pas leurs objectifs de capacité, de capex (le total des dépenses d’investissement) et de recrutements dans les délais initialement prévus.

Si les investissements devraient se poursuivre dans certains secteurs tels que la santé, les loisirs en ligne ou le e-commerce.  L’alerte est en revanche donnée sur les sites de production, notamment dans l’aéronautique, l’automobile, les équipements, la chimie et la plasturgie. Interrogés fin avril 2020, 80% des dirigeants estiment que la nature et l’envergure des plans de relance, majoritairement nationaux, ainsi que les trajectoires de sortie de crise pèseront lors des arbitrages concernant la localisation de leurs investissements futurs.

« Se montrer raisonnable »

Alors, pour conserver sa première place, la France va devoir, notamment, confirmer le cadre de compétitivité, fiscal et réglementaire, qui lui a permis de redresser son attractivité depuis 2017. L’étude accorde aussi une grande importance au plan de relance, qui devrait être présenté en septembre.

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Interrogé par Capital, Marc Lhermitte, l’auteur de l’étude, pense que le pays peut rebondir. Pour lui : « D’abord, il faut de la stabilité, ne pas détricoter ce qui a déjà été fait en matière de compétitivité. Il s’agit du message principal de notre enquête : la France doit se montrer raisonnable, par exemple ne pas augmenter la fiscalité des entreprises, sans pour autant se lancer dans une course au moins-disant, car le pays doit aussi gérer ses finances publiques. Il ne faut également pas renoncer à des dispositifs efficaces, comme le crédit d’impôt recherche (CIR). Enfin, il ne faut pas oublier que 2020 est censée être l’année du Brexit, et la bataille des sièges sociaux installés au Royaume-Uni n’est pas encore gagnée ! »

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