Bourse : la crise a fait émerger de nouvelles arnaques financières

Le Pôle commun de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de l’Autorité des marchés financiers (AMF) dresse la liste de toutes les nouvelles arnaques, de l’investissement dans la chloroquine aux faux sites de formation au métier de trader.

Les escroqueries financières contre les particuliers bouillonnent avec la crise du virus qui donne de nombreuses idées aux escrocs en ligne. Crédit: iStock.

Investir dans la chloroquine et faire bondir sa mise ? Emprunter de l’argent sans condition pour surmonter la crise ? Il ne faut pas croire ces promesses miraculeuses qui démontrent combien l’actualité stimule l’inventivité des arnaques financières.

« Un terreau » pour les escroqueries : c’est le résumé de la crise économique et sanitaire du coronavirus pour Benoît de Juvigny, secrétaire général de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Les escroqueries financières contre les particuliers bouillonnent avec la crise du virus qui donne de nombreuses idées aux escrocs en ligne, entre inquiétudes sanitaires et angoisses économiques face à une récession qui s’annonce d’une violence sans précédent.

« Ces arnaqueurs sont capables de s’adapter très vite à l’actualité (…), sachant que derrière, on joue toujours sur les mêmes cordes », a résumé Dominique Laboureix, secrétaire général de l’ACPR, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution.

Ainsi, de fausses cagnottes en ligne jouent sur le désir des particuliers de se montrer solidaires en période de crise. Mais l’argent, souvent promis aux soignants, va dans le portefeuille de l’escroc.

Les régulateurs avaient déjà alerté au début du mois de mai sur ce type d’escroquerie. Ils ont détaillé aujourd’hui d’autres arnaques aux ressorts différents.

De faux investissements dans un produit « original »

Certaines fonctionnent sur la peur de l’avenir, alors que de nombreux Français ont été contraints à l’inactivité par les mesures de confinement contre le virus.

Des sites promettent ainsi au visiteur d’obtenir un crédit en moins de 72 heures et sans aucune condition.

« L’objectif, (c’est) de collecter des données personnelles », comme des identifiants de carte bancaire, a expliqué Nathalie Beaudemoulin, coordinatrice des travaux entre l’ACPR et l’AMF.

Ces données « vont être utilisées dans des arnaques ou pour des démarchages abusifs », soit directement par l’escroc, soit après avoir été revendues à un autre acteur, souligne-t-elle.

La crise a aussi donné un nouveau visage à une arnaque classique, les faux investissements dans un produit original et présenté comme la promesse de gains miraculeux.

Au fil des ans, des sites ont ainsi proposé d’investir dans les diamants ou des cheptels de vaches. Mais le particulier ne voit jamais le produit dans lequel il est censé avoir investi et, généralement, ne récupère jamais sa mise.

« Il n’y a pas d’investissement, ce sont des sites vitrines », a insisté Claire Castanet, chargée de la protection des épargnants à l’AMF.

Avec le coronavirus, fini les diamants ou les bovins : c’est désormais la chloroquine qui est vantée par ces sites frauduleux. Ce traitement du paludisme fait l’objet d’une polémique très médiatisée quant à ses effets contre le virus.

Sur le même principe, des arnaques proposent d’investir dans des produits comme le whisky, qui ne sont pas directement liés au virus mais vantés comme des valeurs refuges dans le contexte actuel.

Le cas du whisky est particulièrement pervers car le produit est censé vieillir pendant de longues années pour gagner en valeur. « Les victimes ne se rendront pas compte rapidement qu’il s’agit d’une arnaque », souligne Mme Castanet.

De faux sites de formation au métier de trader

Enfin, les régulateurs ont remarqué une escroquerie qui semble particulièrement menacer les plus jeunes.

Des sites proposent des formations en quelques heures au métier de traders, une promesse attirante pour tirer son épingle du jeu sur des Bourses mondiales subissant d’importants soubresauts depuis le début de la crise.

Il s’agit en fait de « ventes pyramidales », selon Mme Castanet. Egalement qualifié de chaîne de Ponzi, ce type d’arnaque nécessite en permanence de recruter de nouveaux clients, avant de s’effondrer immanquablement.

A LIRE>>> Placements: attention, les arnaques en ligne se multiplient

Cette vague d’arnaques dégrade encore plus un contexte déjà marqué par une multiplication des escroqueries financières, avant même la crise de 2020.

Témoin de cette explosion, les « listes noires » de sites frauduleux dressées par les deux entités : l’an dernier, elles ont gonflé de plus de moitié avec 500 nouveaux sites, et en 2020, plus de 200 s’y sont encore ajoutés.

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