Bourse : le secteur de la construction sur le chemin de la reprise

Touché de plein fouet par le confinement, le secteur de la construction a sérieusement dévissé en bourse avant de se reprendre. Il n’est pas trop tard pour revenir sur des valeurs-miroirs de la reprise, en privilégiant les groupes les plus solides et ayant une bonne partie de leurs revenus récurrents. Explications.

Le BTP serait le miroir de la reprise, malgré la distanciation imposant un surcoût de 10 % des chantiers. Crédit : iStock

Quand le bâtiment va, tout va. La construction demeure un bon miroir de la santé d’un pays, avec 11 % du PIB français en 2018, soit 357 milliards d’euros de valeur ajoutée, selon le cabinet EY et ses plus de 2,1 millions de salariés.

Un secteur mis à mal par la crise

Elle a payé un lourd tribut au covid 19 : au 10 avril dernier, l’activité chutait de 88 %. Pire, le report du second tour des municipales a gelé les appels d’offres des mairies et les procédures de permis de construire. Quant aux concessions d’autoroutes ou d’aéroports d’Eiffage ou de Vinci, les trafics, jadis si dynamiques et récurrents se sont évaporés.
En repli de 12% au premier trimestre, le chiffre d’affaires de Bouygues construction a accusé un manque à gagner de 700 millions d’euros lié à la pandémie. Et le groupe prévient que le second trimestre sera plus mauvais. Même écho, mais a une échelle moindre, du côté de Kaufman & Broad, dont les réservations ont chuté de 8,6 % cet hiver, amenant la direction à suspendre ses objectifs annuels.

Le BTP, vecteur de la reprise

Le BTP sera le miroir de la vitesse, de la vigueur et de la durabilité de la reprise, qui malgré la distanciation imposant un surcoût de 10 % des chantiers, s’enclenche bien : quand début mai, 40 à 50 % des travaux étaient encore à l’arrêt, le chiffre retombait à moins d’un quart, un mois plus tard. La tendance pourrait s’accélérer avec un plan de soutien national ne serait-ce que pour relancer la rénovation énergétique des logements et d’autres infrastructures, l’installation de bornes électriques sur les autoroutes, ou pour boucler dans les temps le Grand Paris, où plus de 1000 entreprises se partagent une manne annuelle de quatre à cinq milliards d’euros.

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En bourse, les cours des géants du BTP et de la construction de logements ont subi un sérieux trou d’air, avant de se reprendre. Depuis le 1er janvier dernier, Bouygues s’est replié de près de 24 % et a touché un plus bas de 22,27 euros.
Le recul est moins appuyé pour Eiffage (- 19 % et un plancher de 44,65 euros) ou pour le constructeur de maisons individuelles Hexaom (- 12 % et un point bas de 21,70 euros).
D’où des valorisations attrayantes : le multiple de capitalisation des bénéfices de Vinci pour l’année 2020 est tombé à 15, celui de Kaufman & Broad autour de 10, tandis que celui d’Eiffage oscille autour de 11 fois.  
Les constructeurs de maisons individuelles pourraient profiter du désir d’espace et de verdure de nombre de citadins confinés dans des appartements étriqués. A condition que la situation financière des clients actuels et futurs d’Hexaom, AST Group et Kaufman & Broad ne se dégrade pas. Ces titres sont redevenus bon marché et offrent du rendement.

Des perspectives internationales

Les trois géants cotés du BTP apparaissent toutefois moins risqués compte tenu de leur activité plus internationale et de leur diversification.
A commencer par Bouygues. Si la construction pèse 59 % de ses facturations, et même 78 % avec sa filiale routière Colas, le groupe peut compter sur le dynamisme de son activité Télécoms. L’investisseur pourra acheter sur les niveaux actuels alors que la valorisation boursière est à peine supérieure aux fonds propres.
Bien que les propos du patron d’ADP aient douché l’optimisme des investisseurs quant à la reprise du trafic aérien, Vinci et Eiffage semblent bien positionnés pour profiter de la remontée des trafics autoroutiers et de l’activité aéroportuaire et offrent une opportunité d’achat. Sans compter que ces deux sociétés disposent d’un carnet de commandes robuste : 37,7 milliards pour la première et 15 milliards pour la seconde, soit dans les deux cas, une année de chiffre d’affaires des activités travaux.

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