Comment faire fructifier son épargne et lutter contre le réchauffement climatique?

Le dérèglement climatique est devenu un enjeu primordial pour les français. Nous avons interrogé deux gérants de deux fonds climat pour qu’ils nous expliquent leur stratégie respective de sélection des valeurs. Premier témoin, Arnaud Bauduin de chez OFI AM.

Arnaud Bauduin, gérant chez OFI AM, nous explique sa stratégie de sélection de valeurs qui participent à la lutte contre le réchauffement climatique. Crédit: iStock.

L’urgence climatique est désormais au cœur des préoccupations des français. La finance s’est aussi emparée du sujet. Il est possible aujourd’hui de pouvoir faire fructifier son épargne tout en investissant dans des groupes qui participent à la lutte contre le réchauffement climatique.

Nous avons interrogé deux gérants de deux fonds « climat » pour qu’ils nous expliquent leur stratégie respective de choix des valeurs et nous donnent des exemples d’entreprises remplissant leurs critères. Premier témoin, Arnaud Bauduin de chez OFI AM.

Gérant du fonds OFI RS Equity climate change, Arnaud Bauduin nous décrit sa stratégie : « les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement global des températures, constituent le premier outil de mesure de l’impact des entreprises sur le climat. Elles sont concentrées autour des secteurs de l’énergie, du transport, et de l’habitat. C’est sur ces secteurs les plus intenses en carbone qu’il faut agir en premier lieu pour réduire l’impact des émissions sur le climat. »

Et il ajoute : « 30% des groupes qui composent le Stoxx Europe 600 émettent 90% des émissions. Nous sélectionnons les entreprises qui, dans chaque secteur intense en émissions de gaz à effet de serre, ont une empreinte carbone inférieure à leurs concurrentes, mènent une démarche active pour modifier leur process, ont mis en place un plan stratégique de réduction de leurs émissions avec des objectifs chiffrés, développent des solutions innovantes, intéressent le management à la réussite de critères environnementaux, etc. Nous partons du principe que ces entreprises existeront encore dans 20 ou 30 ans, et qu’il faut les encourager à accélérer leur transition écologique et environnementale ».

Et de citer deux exemples pour illustrer son propos : « L’énergéticien danois Orsted produisait l’essentiel de son électricité et de sa chaleur il y a 15 ans à base de charbon, aujourd’hui il le fait en utilisant des sources renouvelables (l’éolien en mer notamment). Sa dernière centrale charbon sera reconvertie en 2023 en une unité biomasse. Le monde de demain sera beaucoup plus électrifié, l’exemple d’Orsted doit être décuplé.

Le raffineur finlandais Neste produit des carburants renouvelables à base d’une grande variété d’intrants : huiles usagées, biomasse, etc, tout en faisant attention qu’ils ne soient pas utilisés pour l’alimentation. »

Les enjeux environnementaux

Arnaud Bauduin développe ensuite le deuxième volet de sa stratégie : « Notre deuxième axe de sélection se compose de sociétés qui sont touchées par des enjeux environnementaux (gestion des ressources naturelles, rejets toxiques, produits verts, …) et qui se montrent les plus engagées pour améliorer les choses. De quoi s’agit-il ? Pour les groupes de l’agroalimentaire par exemple, il s’agit de la gestion de leurs ressources naturelles, ou du packaging de leurs produits ; pour les valeurs technologiques, des solutions qu’elles apportent pour améliorer l’efficience environnementale de leurs clients ».

Là encore, il donne deux exemples : « Danone s’est fixé des objectifs de réduction de consommation d’eau, notamment dans les régions de stress hydrique où le groupe est présent ; il s’est engagé aussi à réduire ses déchets industriels. Ses objectifs ont été validés par le comité SBT qui examine les trajectoires de décarbonation des sociétés au regard des critères des accords de Paris ».

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« Alors que le textile est considéré comme un secteur polluant au travers de sa supply chain, et toujours dans l’idée que les vêtements constituent des biens dont les gens auront besoin dans 20 ans, Inditex cherche à promouvoir de meilleures pratiques : choix de matériaux (coton, lin ou polyester) recyclés ou soutenables, collecte de vêtements usés (136 millions d’articles en 2018), consommation d’énergies renouvelables, etc.

Dans le secteur des valeurs technologiques, Dassault Systèmes, ASML ou encore Infineon peuvent être cités. »

Enfin, dernière précision du gérant, son fonds se concentre sur les actions européennes et les grandes capitalisations, et écarte les « small caps », qui « offrent pourtant des solutions innovantes », pour une question de liquidité.

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