Comment est choisi un fonds « climat » et quelle est la stratégie du choix des entreprises ?

Vous souhaitez donner du sens à votre épargne ? Pour choisir un fonds climat, découvrez en détail quelle stratégie les gérants appliquent. Témoignage d’Adrien Dumas de chez Mandarine Gestion.

Adrien Dumas, gérant chez Mandarine Gestion, nous livre sa manière de sélectionner des valeurs qui participent à la lutte contre le réchauffement climatique. Crédit: iStock.

Nous avons interrogé un gérant de fonds « climat » pour qu’il nous explique la stratégie de choix des valeurs et nous donne des exemples d’entreprises remplissant ces critères. Voici le témoignage d’Adrien Dumas de chez Mandarine Gestion.

La stratégie mise en place chez Mandarine Gestion pour leur fonds Mandarine Global Transition se fonde sur une démarche méthodologique. Adrien Dumas nous la présente : « Nous avons mené deux ans de réflexion avant de créer notre fonds. Le cadre scientifique s’est beaucoup développé au cours des six derniers mois sous l’action de l’Union Européenne. Notre stratégie de sélection s’appuie sur deux critères.

Le premier est lié au concept de taxonomie développé depuis 2018 en Europe. 150 experts ont travaillé pour définir une nomenclature scientifique et théorique des activités durables (ou taxonomie) qui contribuent à la transition économique et énergétique. Une liste d’éco-activités a été établie (à partir de l’exposition du chiffre d’affaires des entreprises), elle concerne sept secteurs. »

Le second indicateur tient aux émissions de CO2. « Il existe plusieurs manières d’appréhender les émissions de CO2, on peut prendre en compte celles émises par l’activité de l’entreprise, ou celles de l’ensemble du cycle de vie du produit, indique Adrien Dumas. Nous avons décidé de prendre en compte l’alignement sur les degrés de température, c’est-à-dire la manière dont les entreprises vont s’aligner sur l’objectif de l’Accord de Paris de limiter la hausse des températures à 2°C, et contribuer à l’objectif de neutralité carbone avant 2050.
Comment ? Les entreprises établissent des plans et des objectifs de limitation de leurs émissions et les présentent au comité Science Based Targets (qui regroupe des partenaires issus des mondes privé et public comme les Nations Unies ou le WWF par exemple) qui les valide ou non sur la base de critères objectifs et scientifiques. Près de 600 groupes cotés ont déjà présenté leur scénario, et de nombreux autres s’apprêtent à le faire. Cette méthodologie laisse moins la place à la subjectivité et à l’interprétation. Elle nous fournit un processus d’investissement robuste et sérieux. »

Aucune limite géographique

« L’Union Européenne affiche une vraie volonté de faire participer la finance à cette thématique en aidant à flécher l’épargne, ajoute le gérant. C’est une condition nécessaire pour que son « green new deal » soit efficace ».
L’univers de valeurs sur cette base s’élève autour de 400, dont 50 à 60 composent le portefeuille. « Nous nous sommes imposés aucune limite géographique. Nous pouvons ainsi choisir les sociétés disposant des meilleures technologies ou des innovations les plus prometteuses », ajoute Adrien Dumas.

Pour compléter son propos, le gérant nous livre trois noms de sociétés composant son fonds : « Kingspan est une société irlandaise qui fabrique des panneaux d’isolation en mousse chimique qui permettent de réduire les émissions de CO2 des bâtiments. Près de 80% de son chiffre d’affaires sont liés à la transition énergétique, et elle s’est engagée à produire des panneaux recyclables à partir de déchets. Elle a reçu du comité SBT la note de A.
Waste Management est le leader aux Etats-Unis du recyclage et de la valorisation des déchets. Le groupe a réduit l’empreinte environnementale de sa flotte de camions, sa principale source d’émissions. 90% d’entre eux utilisent désormais des sources d’énergies recyclables.

La gestion des déchets spécifiques représente de gros enjeux, et constitue un important vecteur de croissance pour la société, qui possède un historique en matière de performances de qualité.

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Dernier choix, Sekisui House. Il s’agit d’un fabricant japonais de logements résidentiels qui a accéléré sa mutation au cours des dernières années. Ses constructions étaient à 30% à base de bois il y a dix ans, ce chiffre s’élève désormais à 70%. Il a également réfléchi aux autres intrants en identifiant une liste réduite de fournisseurs de produits éco-responsables. Son savoir-faire s’exporte, notamment en Australie. »

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