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Faut-il investir dans le nouveau fonds de Bpifrance ?

Ticket d'entrée, risque, profil d'investisseurs visés... Tout ce qu'il faut savoir sur le nouveau fonds de private equity « bpifrance Entreprises 1 », annoncé par le ministre de l'Economie.

Bruno Le Maire a annoncé hier le lancement du fonds « Bpifrance Entreprises 1 », tourné vers l’économie réelle. Le fonds, soutenu par le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance et qui était attendu de longue date, propose un portefeuille de quelque 1.500 entreprises, PME ou start-ups, majoritairement françaises et non cotées. Toutes issues du portefeuille des fonds de capital investissement (private equity) partenaires de la banque publique d’investissement Bpifrance.

Qui peut investir ?

Ce véhicule vise clairement les investisseurs particuliers. Il est réservé aux personnes physiques résidentes fiscales en France, et son ticket d’entrée, plutôt accessible, est de 5.000 euros par personne. Le maximum de souscription est de 95.000 euros (soit 0,1% de la taille du fonds). L’objectif : donner accès aux épargnants à des offres « traditionnellement réservées aux investisseurs professionnels ». Tout en orientant l’épargne « vers les investissements de long terme et le financement des entreprises, dans un contexte où les besoins de fonds propres sont plus importants du fait de la crise », selon Bpifrance.

De quoi est fait ce fonds et quelle est sa durée ?

D’une taille plutôt modeste de 95 millions d’euros, son portefeuille est composé des parts de 145 fonds partenaires de l’organisme, représentant indirectement des investissements cumulés « dans plus de 1500 entreprises installées dans l’ensemble des territoires ». Conçu pour une durée de 6 ans (prorogeable d’un an), sa commercialisation est limitée à 1 an maximum à compter du 1er octobre.

Comment est-il accessible ?

Bpifrance a noué un partenariat avec la société de gestion 123 IM, spécialisée dans la commercialisation de fonds de capital investissement à destination des particuliers, chargée de le distribuer – à titre non exclusif – et d’en assurer la collecte des souscriptions. A compter de ce jeudi 1er octobre, le fonds est dans un premier temps accessible en direct sur une plateforme dédiée, à l’adresse https://fonds-bpifrance.123-im.com/. Mais il a par la suite vocation à être commercialisé via des supports d’assurance vie ou d’épargne retraite par les réseaux bancaires, d’assureurs et de gestion de patrimoine.

Quel coût et quel régime fiscal applicable ?

Les frais d’entrée et de sortie sont de 0,34%, tandis que les frais de gestion sont de 2%, pour un taux maximum de frais annuel moyen de 3,92% selon les données disponibles sur le site de 123 IM. Fiscalement, l’épargnant, ne touchant aucun dividende pendant la période de souscription, bénéficie d’une exonération d’impôt sur les plus-values, hors prélèvements sociaux. Mais le fonds est aussi éligible au plan d’épargne en actions (PEA), à l’assurance vie (en tant qu’unité de compte) et au plan d’épargne retraite (PER), avec leurs effets fiscaux propres.

Quelle performance, et à quel risque ?

Le fonds se présente comme un fonds commun de placement à risques (FCPR). S’il vise une performance comprise entre 5 et 7% annuels, sur la base des performances passées et sans préjuger de celles à venir, l’opération présente en effet un risque de perte en capital élevé : de 7 sur une échelle 7. La banque publique d’investissement alerte à ce titre les souscripteurs potentiels sur le « caractère illiquide de son investissement durant toute la durée de vie du fonds », soit jusqu’à 7 ans. Ce qui signifie qu’il n’est pas possible de les céder en dehors des cas de rachats exceptionnels prévus dans le règlement du fonds (invalidité, décès, licenciement). Avis aux amateurs, donc, mais « ce n’est pas de l’épargne, c’est de l’investissement », insiste-t-on chez Bpifrance.

Les épargnants avisés pourront donc y trouver leur compte. Mais il est inenvisageable de le considérer comme un super Livret A. Et on est loin, également, du placement de type assurance-vie, même avec une forte exposition en unités de compte.