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Patrimoine: et si vous profitiez de la crise pour acheter des œuvres d’artistes historiques?

Vue d’un stand de Fine Arts Paris. Photo de Tanguy de Montesson.

Des rabais de 20 à 40%. Depuis trois mois, les galeries d’art n’hésitent pas à baisser leur prix pour susciter une reprise des ventes d’œuvres d’art et, ainsi, dégager de la trésorerie. Le phénomène vaut aussi bien pour la France que l’étranger et n’est pas nouveau, rapporte Le Monde. Pour preuve, une galeriste explique au quotidien qu’au début de la crise des années 1990, des amateurs ont pu faire l’acquisition de créations d’Andy Warhol, moyennant un investissement de 200 000 francs (soit 47 150 euros).

« Ses prix avaient beaucoup baissé et certains collectionneurs ne voulaient pas l’acheter en pensant qu’ils ne remonteraient jamais. Quelle erreur ! Il est devenu l’un des artistes les plus chers de la deuxième moitié du XXe siècle », raconte Nathalie Obadia. Pour elle, c’est sûr : « Il faut savoir acheter à la baisse les artistes historiques qui pâtissent momentanément de la crise économique. » 

Une concertation

A ceux qui auraient des réticences à acheter des œuvres à bon marché en raison de la conjoncture, son confrère Stéphane Corréard explique : « Les collectionneurs ne devraient jamais avoir honte d’acheter, même bon marché. Dans ces temps qui s’annoncent très difficiles pour tout l’écosystème de l’art, leurs achats vont contribuer plus que jamais à la survie des artistes et des galeries. Ils font une affaire, on développe notre affaire. » Pendant le confinement, le spécialiste n’a pas hésité à vendre des œuvres en affichant le prix avant l’épidémie et le prix post-Covid-19.

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La galeriste Valeria Cetraro fait aussi le pari de la transparence. Dans un catalogue, elle met en vente des créations à 30 % de leur prix habituel, pour une durée limitée. « La réduction va au-delà de celle que certaines institutions ou collectionneurs nous demandent habituellement. Ces 30 % correspondent au sacrifice que nous, la galerie et les artistes, en concertation, consentons à faire afin d’ouvrir le marché à un nouveau public. Et la transparence que nous proposons contribue à mettre tous les acheteurs sur un pied d’égalité », souligne au quotidien la professionnelle, auprès du quotidien.