Prime d’intéressement : et si vous donniez du sens à votre épargne ?

Cette année, les entreprises disposent d’un délai supplémentaire, jusqu’au 31 décembre 2020, pour verser les primes d’intéressement à leurs salariés. Un laps de temps qui vous permet de réfléchir à la manière de donner du sens à votre épargne. Détails.

Les fonds d'investissement ESG gagne du terrain dans l'épargne salariale. Crédit : iStock

Donner du sens à son épargne, une tendance qui gagne du terrain. Après la question du « combien me rapporte mon épargne ? », celle de « à quoi sert-elle ? » est devenue incontournable ces dernières années. C’est peut-être le moment de conjuguer épargne salariale et épargne solidaire.

Que faire avec votre prime d’intéressement ?

Vous allez recevoir d’ici la fin d’année, le document qui vous demande de vous positionner sur le versement ou pas de votre prime d’intéressement. A vous de juger ce qui est le plus intéressant, le retrait ou le versement de votre prime d’intéressement. Sans réponse de votre part, votre prime sera automatiquement affectée pour moitié dans un PEE, avec un blocage de 5 ans, et pour moitié dans un PER Collectif avec une indisponibilité jusqu’à la retraite (selon les dispositifs mis en place dans votre entreprise). Vous disposez, toutefois, depuis la loi PACTE, d’un droit de rétractation d’un mois pour les sommes investies par défaut sur le PER Collectif nouvelle version. Toutes les entreprises qui ont souscrit un plan d’épargne entreprise (PEE) ou un plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO), ont l’obligation de proposer au moins un fonds solidaire parmi l’ensemble des fonds proposés. Au 31 décembre 2019, l’épargne salariale concernait quelque onze millions de salariés, pour un montant moyen de 13 470 euros chacun, selon les chiffres de l’Association française de gestion (AFG). Autre donnée significative récente, l’épargne solidaire « salariale » a atteint les 9,7 milliards d’euros (+21%) en 2019, un chiffre en hausse versus 2018, selon le baromètre annuel de Finansol, paru début juin 2020. Même si ces sommes restent encore loin de l’épargne dite classique (Livret A, LDDS, etc), les Français se tournent, malgré tout, de plus en plus vers des fonds de placements dits solidaires.

A LIRE>>>> Etes-vous prêts à transformer vos congés en épargne ?

Des retraits en hausse dus à la crise du covid-19

Julien Niquet, co-fondateur de la société spécialisée en épargne salariale et retraite Epsor, nous indique avoir observé « une hausse des demandes de retrait des primes, et ce dès mars 2020, en plein cœur de la pandémie, notamment à cause de l’incertitude et de la baisse des marchés. Dans les fortes périodes de campagne, en moyenne, 88,5% du montant des primes sont placés. En mars dernier, ce chiffre a baissé à 79% ». Plusieurs explications selon Julien Niquet. « En premier, une volonté de ne pas investir sur les marchés financiers de la part des salariés plutôt inquiets des secousses, ensuite, une intention de retirer tout ou partie de la prime, pour se prémunir d’une baisse de salaire ou se constituer une épargne de précaution », précise-t-il.

Les placements ESG dans l’épargne salariale

Les plans d’épargne salariale ont l’obligation de proposer au moins un fonds solidaire, c’est-à-dire un fonds investi à hauteur de 5 à 10 % dans des entreprises dites solidaires, c’est à dire engagées dans des projets à forte utilité sociale ou environnementale. Les fonds « ESG » sont des supports qui sélectionnent les entreprises en fonction de critères sociaux, environnementaux et de gouvernance d’entreprise.

Julien Niquet indique que chez Epsor, « c’est l’entreprise qui choisi une thématique, et nous qui définissons le profil d’investissement. Plus le risque est présent plus le rendement est effectif. L’offre Epsor Green se compose de 13 fonds labellisés ISR (investissement socialement responsable). Et nous avons constaté que malgré la crise, les fonds ISR ont réussi à surperformer ». L’intérêt grandissant pour l’épargne solidaire est lié en général à une volonté d’investir dans des fonds qui tiennent compte de critères ESG clairement définis. « Souvent dans les critères ESG, c’est la gouvernance, le « G », qui est mise en avant (critères sur la rémunération équitable entre les salariés, lutte contre la corruption etc). C’est pourquoi nous travaillons activement au référencement de fonds très exigeant sur le « E », environnement, un des critères plébiscités par les épargnants, comme le fonds Positive Impact par exemple » précise Julien Niquet.
Devant l’engouement et la nécessité de donner des informations toujours plus claires aux épargnants, la start-up Epsor publiera, à la rentrée, une étude complète sur l’éventail des fonds durables éligibles à l’épargne salariale et retraite.

Sur le même thème

épargne salariale placement

Réactions et commentaires

Sur la même thématique