Crise économique : comment aider financièrement ses petits-enfants ?

Vous souhaitez aider vos petits-enfants pour les prémunir face à la crise économique qui pourrait s’installer dans les prochaines années suite à la pandémie du Covid-19. Donation, assurance vie ou PEL… le point sur les produits d’épargne disponibles pour mettre à l’abri votre famille.

Les grands-parents peuvent transmettre à leurs petits-enfants un certain capital sous conditions. Crédit : iStock

La crise économique engendrée par le Covid-19 pourrait avoir des répercussions sur la situation financière de vos proches. Vous vous posez des questions sur l’avenir de vos petits-enfants et vous avez envie de leur donner un coup de pouce ? Selon votre âge, vous avez le choix entre différents dispositifs financiers. Lequel choisir ? Éclairages avec Rosa Riche, responsable de l’ingénierie patrimoniale chez Cholet-Dupont.

Protéger financièrement sa famille

Avec la crise sanitaire du Covid-19, les perspectives économiques semblent troublées. La période est propice à la réflexion. Vous avez peut-être, dans votre entourage familial, des proches qui ont subi le chômage partiel pendant un ou deux mois. Une chose est sûre, les conséquences de la crise actuelle vont perdurer pendant de nombreuses années et rebattre les cartes pour bon nombre de familles. Vos enfants semblent à l’abri. Vous vous interrogez peut-être plus sur la situation économique qui attend vos petits-enfants. Dans 5, 10 ans seront-ils en capacité d’acheter une maison, avoir un travail stable leur permettant de subvenir correctement à leur besoin. Toutes ces questions méritent de bien prendre en compte la façon dont vous pouvez les aider.

Transmettre par donation

Pour aider ses petits-enfants en temps de crise, la donation paraît être tout indiquée, déjà pour des raisons fiscales. A savoir, une donation faite par un grand-parent à son petit-enfant bénéficie automatiquement d’un abattement de 31 865 euros, et ce, tous les quinze ans. Ainsi, vous et votre conjoint pouvez tout à fait décider de faire chacun une donation classique de ce montant. Ce qui permet à votre petit-enfant d’empocher 63.730 euros sans rien payer au fisc. « Ce montant peut même être doublé dès lors que le grand-parent donateur est âgé de moins de 80 ans à la date du don et son petit-enfant de plus de 18 ans », précise Rosa Riche. Il s’agit du don familial de sommes d’argent, uniquement consenti comme son nom l’indique sous la forme d’une somme d’argent. Il est également exonéré à hauteur de 31.865 euros. Ces deux formes de donation sont cumulables. Une manière intéressante de transmettre une belle somme, soit 127.460 euros au total pour un couple de grand-parent, sans passer par la case trésor public !
Rosa Riche précise toutefois « afin de faire courir le délai de 15 ans, il est impératif d’enregistrer ces donations auprès de l’administration fiscale. Si elles prennent la forme de dons manuels, l’imprimé de reconnaissance de don manuel n°2735 qui doit être complété est disponible sur le site impot.gouv.fr ».

Comme toutes les donations, les dons manuels peuvent être assortis de conditions. Le donateur peut ainsi stipuler une interdiction de dépenser les capitaux avant les 25 ans du petit enfant par exemple. Il peut, si le donataire est mineur, désigner la personne qui administrera les fonds donnés jusqu’à sa majorité.

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Ouvrir un PEL à leur nom

Autre option, plus intéressante d’ailleurs que le classique livret A ou livret Jeune, l’ouverture d’un PEL aux noms des petits-enfants. Ce plan d’épargne logement peut effectivement servir à financer l’acquisition d’un bien immobilier quand votre petit-enfant en aura besoin, ce qui peut répondre à votre souhait de sécuriser ses premiers pas. Le PEL, ouvert pour une durée minimale de 4 ans (sous peine de perdre certains avantages), suppose un versement de 225 euros à sa souscription puis des versements annuels qui ne peuvent être inférieurs à 540 euros. « Au total, et compte tenu du plafond de versement du PEL, vous aurez pu, au fil du temps, transmettre 61.200 euros », indique Rosa Riche. A savoir, cette transmission peut ne pas être taxée, selon certaines conditions. C’est le cas si les versements entrent dans la définition des présents d’usage (et non des donations taxables). Pour cela, les versements doivent être faits à l’occasion d’événements particuliers et ne pas appauvrir le donateur.
Pour les plans ouverts depuis 2018, les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire de 30% (12,8% sauf option pour le barème de l’IR plus 17,2% de prélèvements sociaux). Avec un taux de 1% brut (soit 0,7% net), le PEL offre une rémunération légèrement supérieure à celle du Livret A. Sachez que vous pouvez cumuler l’ouverture d’un PEL et une donation simple par exemple.

Souscrire un contrat en assurance vie

Vous pouvez choisir de nommer vos petits-enfants comme bénéficiaires de votre contrat d’assurance vie. Et si vos versements ont été effectués avant 70 ans, vous pouvez transmettre un capital de 152.500 euros par souscripteur et par bénéficiaire, sans taxation. Vous pouvez également cumuler cette désignation bénéficiaire avec une donation et un don familial de somme d’argent. « L’un des principaux avantages de l’assurance vie est la possibilité de modifier la clause quand on le souhaite ! Il est tout à fait possible de désigner un petit-enfant lors de la souscription, puis de modifier la clause, des années plus tard, pour modifier les bénéficiaires ou en ajouter d’autres. Finalement, entre les dons familiaux de sommes d’argent, les donations et l’assurance vie, vous pouvez à la fois gratifier vos petits-enfants de votre vivant et à votre décès » conclut Rosa Riche.

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