Que deviendrait votre épargne en cas de crise financière majeure ?

La crise actuelle a rendu l’épargne incontournable chez les Français. Les livrets d’épargne « disponibles » ont fait le plein. La crise économique qui s’annonce vous fait prendre des précautions et c’est normal ! Récession, inflation, fiscalité, vous vous demandez peut être quel risque il y a à laisser votre épargne sur vos comptes bancaires. Rassurez-vous, des mécanismes existent pour de ne pas perdre vos économies.

Epargner sur un livret A, pas si intéressant mais rassurant

Bon nombre d’actualités en ont fait écho. Le livret A, notamment, a battu des records de versements en avril et à nouveau en mai 2020. Les Français se sont réfugiés sur leur livret d’épargne dit de « précaution », et ce, malgré la baisse du rendement à 0,5 %, en place depuis février dernier et la situation d’insécurité économique liée à la crise du covid 19. « C’est un paradoxe français. En effet, en pleine crise des marchés financiers, les opportunités de placer son argent en bourse sont devenues accessibles. Après, il faut tenir compte du fameux risque systémique des systèmes bancaires. Cela reste un scénario inédit mais on ne connait pas l’issue de cette crise », analyse Karl Toussaint du Wast de netinvestissement.fr.
Cette épargne dite « de précaution » évoque surtout un état d’esprit. C’est ce que rappelle de nombreux experts, dont Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne, dans un communiqué du 23 juin.
« La décision de placer de l’argent sur le Livret A et sur le LDDS durant le confinement et voire après n’est pas anodine. Les ménages auraient pu laisser leur argent sur leurs comptes courants d’autant plus que la rémunération du Livret A est faible. Ce choix témoigne de la volonté de renforcer l’épargne de précaution, de se créer une cagnotte constituant une réserve en cas d’imprévus« . Il souligne aussi le « fort niveau d’inquiétude » induit par ce choix. « Les menaces pesant sur l’emploi et sur les revenus expliquent ce comportement de prudence« , ajoute-t-il.
Vous demandez sans doute ce qu’il pourrait se passer si le système bancaire venait à basculer. Même si cette hypothèse n’est pas envisagée, des gardes-fous existent pour protéger vos économies.

A LIRE>>>> Comment les épargnants ont réagi face à la crise

Une directive protège les petits épargnants

Depuis le 1er janvier 2016, la directive relative au redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances (BRRD) a été transposée en France, par une ordonnance du 21 août 2015. Elle prévoit que les comptes clients dotés de plus de 100.000 euros de dépôts pourraient être gelés voire prélevés pour contribuer au sauvetage de leur banque, mais une fois les créanciers et actionnaires sollicités par une procédure de renflouement interne. Il s’agit d’une directive issue de la loi Sapin II sur l’union bancaire. Objectif ? Prévenir les crises des banques et mettre en place des solutions qui impacteraient le moins possible les finances publiques.
Prélever un particulier sur son compte bancaire ne peut donc être envisagé qu’après que les créanciers et actionnaires aient contribué à l’absorption des pertes à hauteur d’au moins 8% du total des passifs de la banque. « L’objectif est de pouvoir restructurer les banques au bord de la faillite sans que le contribuable ait à mettre la main à la poche pour préserver la stabilité financière », expliquait dans un communiqué la Commission européenne en octobre 2015.

Une garantie des dépôts bancaires

A savoir qu’une garantie bancaire des dépôts existe déjà, elle est gérée par le FGDR (Fonds garantie des dépôts et résolutions) jusqu’à 100 000 euros, par client et par établissement. Elle permet de couvrir tous les types de dépôts : comptes courants, comptes à terme, livrets bancaires, Livrets Jeunes, épargne logement (CEL et PEL), Livret d’épargne populaire (LEP) et le compte espèces attaché à un compte titres ou à un PEA.
Les sommes placées sur ces livrets d’épargne (livret A, LDDS et LEP) sont, quant à elles, garanties en totalité par l’Etat et ne sont donc pas décomptées du plafond des 100 000 euros.
Par exemple, si vous détenez 30 000 euros sur un PEL, 15 000 euros sur votre compte courant, 40 000 euros sur le compte espèces lié à votre PEA (en cas de vente d’une partie de vos actions au début de la crise) et 30 000 euros sur un livret bancaire, vous pourriez être indemnisé à hauteur de 100 000 euros, et non des 115 000 euros, la somme totale de vos avoirs dans cet exemple.

Christina Diego

Partager
Publié par
Christina Diego

Articles récents

Léger rebond du CAC 40 sur fond de prudence des marchés

Le CAC 40 s’est adjugé 0,62% aujourd’hui. Un rebond salutaire après la déconvenue de lundi, mais les marchés restent prudents…

23/09/2020 18:47

Action Logement va donner 300 millions d’euros de plus à Bercy

La facture s’alourdit pour la trésorerie d’Action Logement : le gouvernement ne lui versera pas d’aide compensatoire, ce qui portera…

23/09/2020 16:53

Banques : la Société générale va fusionner avec le Crédit du Nord, au grand désarroi des syndicats

La Société générale annonce mercredi 23 septembre son projet de rapprochement avec le Crédit du Nord pour créer une nouvelle…

23/09/2020 16:14

Performances boursières : n’oubliez pas d’intégrer les dividendes !

A chaque choc boursier, la même question revient inévitablement : les actions constituent-elles un bon placement ? Sans remettre nécessairement en cause…

23/09/2020 16:00

Paris remporte encore une manche contre le meublé touristique

Une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) rendue le mardi 22 septembre donne raison à la…

23/09/2020 14:13

La Macif et Aésio vont créer ensemble un nouvel acteur de l’assurance mutualiste en 2021

Le rapprochement des assureurs Macif et Aésio doit se concrétiser le 1er janvier 2021, pour la création d’un nouvel acteur…

23/09/2020 12:13