C’est l’histoire de deux vieux amants qui ont enfin décidé de se passer la bague au doigt… Mi-novembre, les partenaires sociaux se sont entendus sur les modalités de la fusion de l’Agirc et de l’Arrco, les régimes de retraite complémentaire des salariés.

Ne subsistera en 2019 qu’une institution, provisoirement nommée « Agirc-Arrco ». L’Agirc et l’Arrco s’étant considérablement rapprochés au fil des années et fonctionnant déjà de manière très similaire, la fusion ne révolutionnera pas le système.

Le principe reste le même : vos cotisations vous apportent des points, transformés à terme en pension. Les points Agirc et Arrco acquis jusqu’à la fin de 2018 ­seront tout simplement convertis en points du nouveau régime.

A LIRE AUSSI >> Retraite : 9 expressions à retenir pour comprendre le calcul de votre pension

Ce qui va changer pour les salariés ? D’abord, la fin de la différence de traitement entre cadres et non-cadres en matière de retraite complémentaire. Dès 2019, ils cotiseront, à salaire brut égal, de la même façon, alors qu’aujourd’hui, les cadres cotisent aux deux régimes et les non-cadres uniquement à l’Arrco.

Hausse des cotisations

Cette unification s’accompagne d’une hausse des cotisations, les partenaires sociaux ayant au passage majoré les différents taux. Ce qui engendrera une perte de salaire net (voir encadré ci-dessous). Seuls les cadres au salaire modeste échapperont à la hausse. Ils bénéficieront même d’une baisse de cotisations car la cotisation plancher à laquelle ils sont actuellement soumis, quel que soit leur niveau de salaire, disparaît.

Un malus de 10%

Autre nouveauté : les personnes qui remplissent les conditions du taux plein (âge de départ et nombre de trimestres validés), mais qui ne diffèrent pas leur départ en retraite d’une année, se verront appliquer un malus de 10 % sur leur pension complémentaire, durant trois ans au maximum. Sont concernés les salariés nés en 1957 ou après. Les plus modestes seront épargnés. Notez, enfin, que le nouveau régime offrira la possibilité de toucher sa pension de réversion sans abattement dès 55 ans, contre actuellement 60 ans à l’Agirc.

 

Une perte de salaire nette
Léna est une cadre au salaire brut annuel de 45 000 euros par an. En 2017, les cotisations salariales prélevées pour la retraite supplémentaire s’élèvent à 2 091 euros. Ce sera, en 2019, 2 197 euros. Perte de salaire net : 106 euros par an, soit 9 euros par mois (1). Autre mauvaise nouvelle pour Léna : cette hausse de cotisations salariales ne se traduira pas par une augmentation équivalente de ses droits à la retraite. Car 70 % de la hausse sont constitués de cotisations non productrices de droit, qui ne se transforment pas en points mais servent à financer le régime.

Calcul effectué avec Optimaretraite, à plafond de Sécurité sociale constant.