Les retraités en rogne contre la hausse de la CSG attendaient un geste du président au 13 heures de TF1. Ce dernier leur a plutôt assuré… sa gratitude.

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« Le retraité, je lui demande un effort, je le sais, je le remercie, j’en ai besoin. » Interrogé ce jeudi par Jean-Pierre Pernaut sur la baisse de pension nette subie par une fraction des retraités à la suite de la hausse de la CSG, Emmanuel Macron n’a pas changé son discours d’un iota. Il n’a annoncé aucun geste pour compenser la perte. Mais leur a dit « merci ». A plusieurs reprises.

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« J’ai besoin que le travail paie mieux », a-t-il encore rappelé lors de son intervention au journal de 13 heures de TF1. Son argumentaire reste le même que durant la campagne : il demande un effort aux 60 % des retraités les moins modestes afin de financer la baisse des cotisations mise en œuvre pour les actifs – une partie étant déjà entrée en vigueur au 1er janvier, l’autre devant intervenir à partir d’octobre 2018.

« Vous allez vous y retrouver »

Rappelons qu’une hausse de 1,7 point de la CSG, contribution sociale généralisée, a été appliquée en janvier à presque tous les revenus. Et que, contrairement aux actifs, les retraités n’ont pas bénéficié de compensation. Le taux de CSG sur les pensions s’élève désormais à 8,3 % pour les retraités concernés par le taux plein, taux qui demeure moins élevé que celui appliqué aux revenus d’activité, 9,2 %.

L’augmentation de la CSG ne concerne toutefois qu’environ 60 % des retraités : ceux qui paient la contribution à taux plein. Ceux qui sont exonérés ou assujettis au taux réduit de CSG, soit 3,8 %, n’ont, eux, subi aucune diminution de pension nette.

Emmanuel Macron a tout de même confirmé, sans entrer dans les détails, le geste annoncé par le Premier ministre le 20 mars dernier. Edouard Philippe avait en effet expliqué qu’environ 100 000 couples de retraités (ceux dont le revenu fiscal de référence est situé juste au-dessus de celui qui déclenche le taux plein de CSG) pourraient bénéficier d’une correction de la mesure dans le cadre des textes financiers de l’automne.

« L’un dans l’autre, sur votre pouvoir d’achat, vous allez vous y retrouver », a également répondu le président aux retraités en colère, leur rappelant que nombre d’entre eux allaient bénéficier (comme les actifs), d’une diminution de leur taxe d’habitation à partir de cette année.

+ 30 € pour le minimum vieillesse

Il a aussi évoqué les difficultés rencontrées par notre système de retraites par répartition, confronté à la baisse du ratio cotisants/retraités, à la hausse de l’espérance de vie, au chômage de masse. Et a rappelé la hausse de 30 € de l’Aspa (Allocation de solidarité aux personnes âgées), l’ex-minimum vieillesse, intervenue le 1er avril. Cette allocation concerne, en règle générale, les plus de 65 ans touchant peu ou pas de pension.

Emmanuel Macron a enfin assuré ne « jamais avoir pris un retraité pour un portefeuille » et avoir « beaucoup de considération pour nos aînés ». Ils les a invités à participer à la « remise en marche du pays ».

Pas de retour de la « demi-part des veuves »

A la question, comptez-vous rétablir la demi part des veufs, le président a clairement répondu par la négative.

Il faut savoir qu’aujourd’hui, certains parents veufs, mais aussi divorcés ou célibataires, ont droit à une demi-part supplémentaire de quotient familial alors qu’ils n’ont plus d’enfant à charge. Les conditions à remplir dans le cas général : vivre seul, avoir au moins un enfant imposé séparément, et avoir supporté la charge exclusive ou principale de cet enfant pendant au moins cinq ans et tout en vivant seul à l’époque.

Au lieu de bénéficier d’une seule part pour le calcul de leur impôt sur le revenu, ces personnes comptent donc pour 1,5 part. Ce qui diminue mécaniquement leur impôt final (ainsi que leur revenu fiscal de référence, utilisé pour accorder certaines exonérations).

Jusqu’en 2008, le fisc était en revanche plus clément : il n’était pas nécessaire d’avoir élevé son (ses) enfant(s) seul au moins cinq ans pour bénéficier de ce bonus, cette condition a été ajoutée à partir de 2009, de manière progressive. Ce dispositif, couramment surnommé « demi-part des veuves », a vu son rétablissement proposé en mars par un député de la majorité.