« L’âge actuel de 62 ans devrait être conservé. » Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire chargé de la réforme des retraites, a confirmé au Parisien son intention de préconiser un maintien à 62 ans de l’âge « légal », l’âge minimal qu’il faut avoir pour toucher sa pension.

Pas question donc, a priori, de reculer une nouvelle fois cette borne pour le moment, comme l’avait d’ailleurs déjà annoncé Emmanuel Macron durant la campagne.

Ni, à l’inverse, d’accorder une plus grande liberté de choix en permettant aux seniors qui le souhaitent de partir avant 62 ans avec une pension moindre. »Nous pensons que si l’on supprime toute référence [à l’âge], nous pouvons nous retrouver avec un certain nombre de personnes qui, comme en Suède, partiront plus tôt mais se retrouveront avec de toutes petites retraites », a argumenté Jean-Paul Delevoye. « Nous avons besoin de garder un seuil en-dessous duquel ils ne peuvent pas partir pour éviter que cela pèse sur la solidarité nationale. »

Proposez vos idées avant le 25 octobre

Le « Monsieur retraite » nommé en septembre par le gouvernement pour coordonner les travaux préparatoires de la réforme s’exprimait jeudi dans les colonnes du quotidien à l’occasion du lancement d’une consultation citoyenne sur le nouveau système des retraites. Sur Participez.reforme-retraite.gouv.fr, vous pouvez exprimer votre point de vue de nombreux enjeux de la réforme, et rédiger vos propositions, d’ici au 25 octobre.

« Nous croyons beaucoup à l’intelligence collective, soyez donc présents, n’hésitez pas à critiquer, à proposer, à formuler, vous êtes concerné », explique Jean-Paul Delevoye dans une vidéo publiée sur le site de la consultation.

Rappelons qu’Emmanuel Macron a promis d’instaurer un « système universel de retraite » à la place du système actuel, qui est éclaté en une quarantaine de régimes aux règles diverses. Objectif : qu’à l’avenir, « un euro cotisé donne les mêmes droits » à tous. Quel que soit le statut professionnel. Quel que soit le moment de la carrière où il est versé.

Quelle solidarité dans le nouveau système ?

Parmi les thématiques clés sur lesquelles vous êtes invité à vous prononcer : Quels droits à la retraite accorder pour compenser les accidents de la vie et de la carrière, comme le chômage, la maladie ou le temps partiel subi ? Comment le fait d’avoir eu des enfants doit-il être pris en compte dans le calcul de la retraite ? Comment améliorer les droits à la retraite des auto-entrepreneurs, des femmes ou encore des jeunes ? Quelles pensions de réversions devraient percevoir les veufs et veuves ?

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La question du maintien des possibilités de départs anticipés, et de leurs modalités, est également posée. Sera-t-il toujours possible de partir avant 62 ans dans certains cas particuliers, comme aujourd’hui ? A priori oui, mais les détails ne sont pas connus.

Durant la campagne et les premiers mois de sa présidence, Emmanuel Macron a laissé entendre que certains métiers pourraient toujours bénéficier de départs anticipés (c’est le cas aujourd’hui pour les fonctionnaires de catégorie dite « active ») et que le dispositif des carrières longues, qui permet à ceux qui ont commencé à travailler tôt de partir avant les autres, serait perpétué.

Jean-Paul Delevoye doit dévoiler ses préconisation fin 2018 ou début 2019, une fois que la consultation citoyenne et les concertations des partenaires sociaux (reprises le 16 avril) seront achevées. Quand au projet de loi de réforme des retraites, le gouvernement prévoit de le présenter en conseil des ministres au premier semestre 2019.