Faut-il remettre en question de l’efficacité du système social français ? Si l’on en croit le récent sondage OpinionWay, commandé par Lyxor (filiale de la Société Générale spécialisée dans la gestion d’actifs), la réponse est oui. Sur l’ensemble des sondés*, 67 % estiment qu’ils devront avant tout compter sur eux-mêmes pour financer les grandes dépenses de la vie dans les années à venir. Seulement 5 % d’entre eux déclarent encore se fier aux pouvoirs publics.

Fin de vie et retraite

D’après le sondage, le financement de la retraite arrive en tête des préoccupations pour une grande majorité des Français (80 %). Ils estiment notamment que le système actuel ne garantira pas au plus grand nombre une pension décente. Les soins de santé exceptionnels ou non pris en charge arrivent en seconde position pour 78 % des sondés. Juste avant la fin de vie (pour leurs parents, puis pour eux-mêmes, toutes catégories sociales confondues) qui, au même titre que la retraite, est perçue comme l’une des étapes de la vie les plus difficiles à financer. « Les 25-34 ans se montrent particulièrement pessimistes, précise Frédéric Micheau, directeur des études d’opinion chez OpinionWay. Ils craignent de ne pas pouvoir faire face à toutes ces dépenses dans les années à venir. »

Peu d’anticipation, faute de moyen

Paradoxalement, les plus inquiets sont aussi ceux qui anticipent le moins ces dépenses conséquentes. C’est un autre enseignement de cette enquête : 30 % de l’ensemble des Français interrogés n’étudieront la question du financement de ces étapes qu’au moment venu. Et parmi eux, 69% déclarent ne pas pouvoir anticiper faute de moyens financiers. 

La majorité des sondés désire toutefois prévoir en amont ces différentes dépenses. Mais cette-fois-ci, ils sont 69 % à faire part de leur difficulté à identifier les financements adaptés pour y parvenir. Ils n’utilisent à ce jour que très peu les produits financiers dédiés. Pour la retraite par exemple, 26 % des Français affirment s’appuyer sur des liquidités, ou simplement puiser l’argent nécessaire sur leur compte courant. 24 % utilisent l’épargne conservée sur leur livret A et 10 % seulement celle de leur assurance vie. Ils ne sont qu’une poignée (4 %) à recourir à un compte titre ou un PEA

Face à ces nouveaux défis, près de 77 % des personnes interrogées estiment ainsi devoir « trouver de nouveaux moyens de financement ». Ils déplorent principalement un « manque de produits et services financiers innovants » sur le marché. 

*Sondage réalisé sur un échantillon de 1028 personnes représentatives de la population française et 522 foyers avec des revenus supérieurs ou égaux à 60 000 euros par an.