Le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a souligné mercredi l’importance du mode d’indexation des pensions dans les débats sur le futur régime universel à points, estimant qu’il serait « cohérent » de revaloriser les retraites en fonction des salaires et non plus de l’inflation. Si « la détermination de la valeur du point (qui permet de calculer les pensions, ndlr) est un élément extrêmement important (…), c’est certainement sur l’indexation qu’il faut que nous portions notre regard le plus aiguisé », a déclaré M.Delevoye, auditionné pour la première fois par la Commission des affaires sociales du Sénat.

« Quand vous êtes dans un système de répartition » avec des pensions dépendant de l’inflation, « en réalité vous acquérez des droits mais qui perdent une considérable valeur », a expliqué le Haut commissaire. « La notion d’indexation n’est pas quelque-chose d’inintéressant, d’autant plus que si le point est basé sur (l’évolution des) salaires, une des cohérences légitimes voudrait que l’indexation se base sur (cette évolution) des salaires », a fait valoir M. Delevoye.

L’indexation des pensions sur les salaires est l’une des revendications des organisations de retraités

« L’indexation sera un élément peut-être déterminant », a insisté le Haut commissaire, qui vient d’entamer une deuxième phase de concertations avec les partenaires sociaux pour aboutir à un projet de loi dans le courant de l’année 2019. D’après les prévisions du conseil d’orientation des retraites, rappelées aux sénateurs par le Haut commissaire, avec le système actuel et quel que soit le scénario économique retenu, la pension relative au revenu d’activité diminuera dans les prochaines années, comme le niveau de vie relatif des retraités par rapport à l’ensemble de la population.

L’indexation des pensions sur les salaires est l’une des revendications des organisations de retraités à l’origine de quatre manifestations depuis un an pour dénoncer notamment la hausse de la CSG, entrée en vigueur en janvier. Non concernés par la réforme des retraites promise par le gouvernement, les retraités actuels ont subi ces dernières années un quasi-gel de leurs pensions en raison de l’inflation quasi-nulle. Pour faire des économies, le gouvernement a récemment décidé de sous-revaloriser ces pensions, qui n’augmenteront que de 0,3% en 2019 et en 2020, en deça de la hausse des prix attendue à 1,3%.