Réforme des retraites: FO claque la porte

Le syndicat Force ouvrière a décidé de se retirer de la concertation sur la réforme des retraites, pour ne pas la cautionner.

Après 18 mois de préparation, Jean-Paul Delevoye devrait remettre ses recommandations au gouvernement après les élections européennes du 26 mai. Crédit: iStock.

Le syndicat Force ouvrière a décidé de se retirer de la concertation sur la réforme des retraites, qui touche à sa fin, selon un courrier adressé au haut-commissaire en charge du dossier, Jean-Paul Delevoye, consulté mercredi par l’AFP.

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Dans cette lettre datée du 16 avril et révélée par Les Echos, le numéro un de FO, Yves Veyrier, et le négociateur du syndicat pour les retraites, Philippe Pihet, expliquent « suspendre » leur « participation » à la consultation afin de ne pas « apparaître comme cautionnant une réforme décidée sans réelle prise en considération » de leurs revendications.

Ils mettent ainsi à exécution la menace brandie au début du mois par Yves Veyrier pour pousser le Premier ministre Edouard Philippe à clarifier le projet du gouvernement en matière de retraites, en particulier concernant l’âge légal de départ. 

Grand flou sur l’âge de départ à la retraite

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de ne pas toucher à la borne des 62 ans, un engagement confirmé par Jean-Paul Delevoye. Mais « ces dernières semaines, en dehors de la concertation (…), tant la question de l’âge légal que celle de la durée d’activité ont été soulevées, comme paramètres de la réforme des retraites, par plusieurs membres du gouvernement », déplorent les signataires du courrier.

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Ils craignent en outre que le futur système universel à points voulu par l’exécutif en lieu et place des 42 régimes existants n’oblige à travailler plus longtemps pour obtenir « un niveau décent de pension » en fonction de l’évolution des « valeurs à l’achat et à la conversion des points ».

Dans un tel système, rejeté par FO « dès l’origine », la « borne d’âge d’ouverture (…) peut devenir en réalité celle d’un droit à pension minimale », font valoir les syndicalistes. Ils préviennent en outre que FO « appuiera toute initiative de ses fédérations professionnelles en charge des régimes spéciaux » et « de la fonction publique ». Son départ s’avère toutefois symbolique, la concertation démarrée il y a plus d’un an devant s’achever mi-mai autour d’un ultime thème de discussion (« cumul et transitions emploi-retraite »).

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Après 18 mois de préparation, Jean-Paul Delevoye devrait remettre ses recommandations au gouvernement après les élections européennes du 26 mai, en vue d’une présentation du projet de loi avant la trêve estivale. Il sera reçu jeudi à Matignon par Edouard Philippe, en présence de trois ministres, pour une réunion de travail sur ce dossier.

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