Réforme des retraites : ces pistes qui se précisent…

C’est avant la mi-juillet que le Haut Commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, doit rendre ses recommandations au Premier ministre sur les contours du nouveau régime de retraite en points. Avant que le projet de loi ne soit présenté en Conseil des ministres, vraisemblablement en octobre, différentes pistes se précisent.

Ce n’est qu’en 2025 au plus tôt que les premiers effets de la réforme des retraites se feront sentir. Crédit : Istock

Age de départ

Il restera bien fixé à 62 ans, mais ce ne sera pas forcement l’âge auquel, potentiellement, tout-un-chacun pourra disposer d’une pension optimale. Une décote et une surcote pourraient voir le jour pour inciter les futurs retraités à décaler dans le temps leur demande de pension. Un âge pivot, qui serait de 64 ans, pourrait donc faire son apparition.

Carrières longues

Ce dispositif qui autorise un départ deux ans avant l’âge légal, devrait être conservé pour continuer à reconnaître les années de travail précoces. Des points pourraient être attribués de façon spécifique aux personnes éligibles afin qu’elles ne soient pas pénalisées par une décote si celle-ci est mise en place. 

Cotisations

Si l’on sait qu’un euro cotisé va ouvrir les mêmes droits retraite jusqu’à trois fois le plafond de la Sécurité sociale (121 572€ pour 2019), toutes professions et/ou statuts confondus, rien n’est fixé sur la valeur d’achat du futur point unique. Les indépendants devraient toutefois pouvoir continuer à choisir leur niveau de cotisations.

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Cumul emploi-retraite

Intéressant, ce dispositif qui permet de cumuler revenus et pensions, ne concerne cependant que 500 000 personnes, tous régimes confondus. Il faut donc lui donner une seconde jeunesse… Les « cumulards » pourraient ainsi engranger de nouveaux points retraite qui donneraient droit à un complément de pensions, sous réserve d’un éventuel « plafonnement » a indiqué le Haut Commissaire.

Décote

Elle devrait être mise en place pour deux raisons : inciter à travailler plus longtemps, ce qui permettra de mieux financer le futur régime de retraite et éviter des départs à 62 ans synonymes de pensions viagères réduites. Mais, comme le pointent les représentants syndicaux, près d’un salarié sur deux n’est déjà plus sur le marché du travail au moment où il prend sa retraite… qu’en sera-t-il pour eux?

Enfants

Aujourd’hui, les droits familiaux permettent aux mères de recevoir des trimestres « gratuits » pour chacun de leurs enfants (8 pour une salariée du privé, mais 4 ou 2 pour une salariée de la fonction publique selon la date de naissance de l’enfant). Demain, des points proportionnels à la pension pourraient être attribués pour chaque enfant, dès le premier, avec une éventuelle progressivité selon leur nombre.

Pension minimum

Comme aujourd’hui, un dispositif de solidarité ou montant minimum de pension devrait être fixé pour les retraités qui souhaitent partir à l’âge légal, mais qui ont engrangé peu de points du fait de leurs salaires modestes.

Régime universel

Un seul et même régime va remplacer les 42 existants. Il continuera de fonctionner par répartition, les cotisations des actifs finançant les pensions des retraités. Mais il ne sera pas sans exceptions pour tenir compte de situations professionnelles (pénibilité…) ou personnelles (handicap, invalidité…) spécifiques.  Son mode de gouvernance n’a pas été arrêté. Le sort des réserves financières accumulées par certains régimes complémentaires, notamment ceux des professionnels libéraux, non plus!

Retraite progressive

Ce dispositif lié à un passage à temps partiel (avec accord de l’employeur) en fin de carrière, ne connait pas le succès qu’il mérite. Pour le booster, il pourrait être mis fin à la réduction obligatoire du temps de travail et chaque senior pourrait mettre soi-même en oeuvre ses points à partir d’un certain âge (60 ans comme aujourd’hui ou 62 ans?) pour lever le pied en fin de carrière.

Pension de réversion

Percevoir une partie de la pension d’un conjoint (ou ex-conjoint) décédé concerne aujourd’hui pas moins de 4,4 millions de personnes, d’où la sensibilité extrême sur ce sujet. Comme aujourd’hui, les personnes pacsées ou en concubinage en seront exclues. Les conditions de revenus ou de non remariage pourraient disparaître au profit d’un système qui prendrait en compte les revenus nécessaires à un maintien du niveau de vie tel qu’il existait avant le décès.

Période de transition

Même si aucun calendrier définitif n’est arrêté, le projet de loi ne devrait pas arriver avant début 2020 au Parlement, avec une période de transition et/ou de bascule entre les régimes d’au moins 5 ans. Ce n’est qu’en 2025 au plus tôt que les premiers effets de cette réforme se feront sentir : la génération 1963  devrait donc être la première impactée.

Valeur du point

C’est la grande inconnue. Il pourrait être variable en fonction de l’espérance de vie au moment où l’on fait valoir ses pensions. Quant à sa revalorisation, rien n’est arrêté.

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