Réforme des retraites: ce que l’on sait sur la nouvelle concertation citoyenne annoncée par le gouvernement

Les Français vont de nouveau être consultés sur le projet de réforme des retraites. Les détails de cette concertation citoyenne seront dévoilés début septembre. Une première consultation avait eu lieu à l’automne 2018 quelques mois avant la remise du rapport du haut-commissaire à la réforme des retraites.

La conduite de cette nouvelle concertation citoyenne devrait à nouveau être conduite par le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye. Crédit : Istock

Le gouvernement va lancer cet automne une nouvelle « concertation citoyenne » sur son projet de réforme des retraites, présentée comme un « exercice de pédagogie », mais que ses opposants critiquent déjà comme un « processus de communication ».

« L’organisation n’est pas encore calée », mais « il y aura une concertation citoyenne » sur la réforme des retraites, a affirmé Agnès Buzyn mercredi.

Après la remise du rapport de Jean-Paul Delevoye sur cette réforme, « il faut que les gens puissent réagir », a expliqué la ministre des Solidarités et de la Santé.

Mi-juillet, le haut commissaire à la réforme des retraites a présenté ses recommandations en vue du « système universel » par points promis par Emmanuel Macron pour remplacer la quarantaine de régimes existants. Le fruit de 18 mois de discussions avec syndicats et patronat… mais aussi d’une première « consultation citoyenne » réalisée l’an dernier.

Sur internet, dans les mairies…

Age de départ, pensions de réversion, cotisations, droit familiaux… « Nous attendons les retours de nos concitoyens sur les propositions qui ont été faites », a ajouté Mme Buzyn, indiquant que cela pourrait « se faire sur internet, dans des mairies, via des associations, ou des syndicats (qui) peuvent aussi consulter leurs bases » et que les détails seraient connus « probablement dans une semaine ».

« Plutôt début septembre », tempère l’entourage du Premier ministre, Edouard Philippe, l’idée étant de « s’inspirer d’une certaine manière de ce qui s’est fait pendant le grand débat ».

Emmanuel Macron, qui avait promis une « nouvelle méthode » en avril en réponse au mouvement des gilets jaunes, a affiché mercredi une volonté de « proximité et d’humilité » afin de réformer « davantage avec les Français que pour eux ». « Dans la méthode, il faut réussir à inclure davantage les Français », a-t-il affirmé.

« Les modalités et le calendrier restent à préciser », reconnaît le cabinet de Mme Buzyn, tout en soulignant que l’exécutif avait « acté le principe » de cette concertation et que l’objectif était de la « lancer courant septembre ».

Concertation conduite par M. Delevoye

La conduite devrait à nouveau revenir à M. Delevoye, dont la mission est officiellement « d’organiser la concertation avec les principaux acteurs du champ des retraites ».

« Nous sommes bien avancés au plan de nos réflexions », affirme-t-on dans son équipe, où l’on estime qu’après les « ateliers participatifs » de la première consultation citoyenne à l’automne 2018, « la moindre des choses c’est de revenir devant les Français avec notre rapport ».

Ce sera l’occasion d’un « exercice de pédagogie » grandeur nature, pour « mesurer la compréhension de ce qui a été proposé » et faire « remonter les préoccupations », selon la même source.

Ces travaux devront s’articuler avec l’autre concertation, celle des partenaires sociaux, qui reprendra en grande pompe les 5 et 6 septembre à Matignon.

« J’y vois un côté positif (…) peut-être que nos arguments portent et que le gouvernement s’aperçoit que ça ne va pas aller de soi », a déclaré le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, mercredi sur LCI.

« Un processus de communication »

Mais le responsable syndical a « tendance à penser qu’on est dans un processus de communication, à nouveau » et prévient que « si c’est pour noyer le poisson ça ne marchera pas ».

Du côté de la CFDT, le secrétaire national Frédéric Sève assure n’avoir « rien contre » la « concertation citoyenne », surtout « si c’est pour donner de l’ampleur au débat ».

Le syndicat, qui entend « remettre sur la table » certains sujets comme « la pénibilité, la retraite progressive et les basses pensions », ne veut cependant « pas que ce soit le prétexte pour repartir de zéro ».

« Pour nous, le point de départ de toute discussion, c’est le rapport Delevoye », résume-t-il.

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