Réforme des retraites: ne pas augmenter l’âge de départ, c’est « mentir par omission » pour le patronat

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a estimé mardi sur France Inter que faire l’économie d’un relèvement de l’âge du départ à la retraite revenait à « mentir par omission aux Français ».

Geoffroy Roux de Bézieux se déclare en revanche favorable à l'individualisation de l'âge de départ à la retraite "pour prendre en compte les gens qui ont commencé à travailler tôt". Crédit: iSock.

Interrogé sur sa réaction face à la proposition d’Emmanuel Macron d’une refonte du système de retraites sur la base d’une durée de cotisation plutôt que d’un relèvement de l’âge de départ, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux a déclaré qu' »il faut faire les deux ».

« On a une impasse financière en 2025 et il faudra augmenter le nombre d’annuités et passer à 43 ans, mais on ne fera pas l’économie de l’âge et c’est mentir par omission aux Français que de dire le contraire », a-t-il dit.

« Je ne vais pas accuser le président de la République de mensonge par omission, je veux simplement dire que la vérité c’est qu’on est dans un système » où ce sont « les actifs qui payent pour les retraités », a poursuivi le président du Medef. « J’espère que ce n’est pas une manœuvre pour enterrer la réforme », a encore déclaré M. Roux de Bézieux.

Dans un communiqué, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a jugé de son côté « indispensable » de relever l’âge minimal de départ à la retraite. « A la suite des déclarations du président de la République sur son souhait de trouver +un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l’âge de départ en retraite », il est nécessaire « de concilier ces deux éléments » pour « garantir l’équilibre financier du régime », a-t-elle plaidé.

L’âge de départ à la retraite concentre une grande partie des débats autour du futur « système universel » des retraites prévu pour 2025. Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, qui a rendu ses préconisations mi-juillet, a recommandé un « taux plein » à l’âge « pivot » de 64 ans, assorti d’un système de décote/surcote.

Une hausse de l’âge minimal indispensable

« ll y a un impératif qui est financier pour l’équilibre du régime. L’âge est un paramètre plus efficace que la durée de cotisation », a insisté Geoffroy Roux de Bézieux dans une entretien au Monde.

« Si le gouvernement renonce à l’âge pivot contrairement à ce qui est écrit dans le rapport Delevoye, il n’y aura pas d’autre choix que d’allonger fortement la durée des cotisations en modulant la valeur du point », ajoute-t-il.

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S’il se prononce pour un relèvement général de l’âge de la retraite en raison du vieillissement de la population qui menace l’équilibre financier du système, Geoffroy Roux de Bézieux s’est en revanche déclaré favorable à son individualisation « pour prendre en compte les gens qui ont commencé à travailler tôt« . 

« La vérité aujourd’hui, c’est que dans le privé la retraite aujourd’hui ce n’est pas à 62 ans. Dans le privé, les gens qui partent aujourd’hui partent à 63 ans » en moyenne, a-t-il assuré sur France Inter.

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