Grève RATP: ce que contient le régime spécial de retraite des agents

La grève massive déclenchée par les agents de la RATP l’a été en raison de la défense de leur régime spécial. Voici ce qu’il prévoit.

Des fonds publics doivent compenser le déséquilibre entre le nombre de retraités et le nombre d'actifs de la RATP. Crédit: iStock.

C’est pour défendre leur régime spécial de retraite que les agents de la RATP se sont mis massivement en grève vendredi, à l’appel de plusieurs syndicats: que prévoit ce régime qui existe depuis la création de la RATP en 1948, quels droits, quel coût?

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Quels agents en bénéficient ?

Ce sont les agents sous statut RATP, embauchés avant l’âge de 35 ans, soit environ 88% des salariés de l’entreprise.

A quel âge peuvent-ils partir à la retraite ?

En 2017, l’âge moyen de départ à la retraite était de 55,7 ans à la RATP, contre 63 ans pour les retraités du régime général, selon un rapport de la Cour des comptes publié en juillet. Au sein de l’entreprise, tous les agents ne partent pas au même âge.

Pour les métiers jugés pénibles (travail de nuit, efforts physiques importants, températures extrêmes…), des mesures abaissent l’âge de départ. Par exemple, début 2019, un conducteur pouvait devenir retraité à 50 ans et 8 mois, un agent affecté aux travaux à 55 ans et 8 mois. Un employé administratif, qui ne bénéficie pas de mesures particulières, pouvait partir à 60 ans et 8 mois. Pour un salarié du privé, l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 62 ans.

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Mais, « un conducteur de bus par exemple part en moyenne à 56 ans à la retraite », souligne Thierry Babec du syndicat Unsa.

Avec la réforme de 2010, l’âge de départ des agents de la RATP doit augmenter de deux ans progressivement. Un relèvement démarré en 2017, qui doit s’achever en 2024.

A quelle pension ont-ils droit ?

Le montant de la pension est calculé à partir des salaires des six derniers mois de carrière. Des primes sont incluses dans l’assiette de cotisation. En cas de carrière trop courte pour obtenir une retraite à taux plein, le système de décote est moins pénalisant que celui des fonctionnaires, relève la Cour des comptes.

Le calcul basé sur les six derniers mois permet de gommer une lente progression des salaires car « le plus haut de la grille est atteint en fin de carrière », relève Bertrand Hammache de la CGT. 

Un coût qui conduit à un déséquilibre

Une structure autonome, la Caisse de retraites du personnel de la RATP (CRP RATP), gère les financements et verse les pensions de retraite.

Des fonds publics doivent compenser le déséquilibre entre le nombre de retraités et le nombre d’actifs de la RATP, qui cotisent pour financer les pensions.

Fin 2017, il y avait environ 42.300 cotisants, alors qu’on comptait plus de 34.900 retraités et presque 11.100 pensions de réversion.

Au total, en 2017, les cotisations versées par les salariés et par l’entreprise ne représentaient que 41% des ressources nécessaires. La CRP-RATP a reçu 681 millions d’euros de dotation publique pour équilibrer son budget.

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