Retraite: faut-il souscrire aux nouveaux Plans d’épargne retraite (PER) ?

Depuis ce mardi 1er octobre, votre assureur ou banquier peut vous proposer un nouveau dispositif d’épargne retraite, baptisé PER. Nos conseils avant de souscrire à ce nouveau dispositif qui viendra à terme remplacer les actuels Perp, Perco, Madelin ou Article 83.

Si vous détenez déjà de longue date un Perp, Madelin, ou Perco… Il n’y a aujourd’hui aucune urgence à transférer vers un PER

Coup d’envoi officiel aux nouveaux Plans d’épargne retraite (ou PER).  A partir de ce mardi 1er octobre, votre assureur ou votre banquier va pouvoir vous proposer ce nouveau dispositif d’épargne instauré dans le cadre de la Loi Pacte (Plan d’actions pour la croissance et la transformation des entreprises). Agipi, Eres ou encore Generali ont d’ores et déjà annoncé leur offre (voir notre tableau en pied d’article). Mais avez-vous intérêt à y souscrire ou à transférer vos anciens produits retraite vers ces nouveaux plans ? La question mérite d’être soulevée.

Les versements volontaires déduits de vos impôts

Sur le principe, le PER  affiche plusieurs atouts : un seul véhicule qui compile les différents dispositifs existants (Perp, Perco, Madelin, Article 83), une sortie en rente ou en capital (ce dernier cas étant possible pour les versements volontaires et l’épargne salariale mais exclu les versements obligatoires de type Article 83), des règles plus harmonisées (notamment sur les cas de déblocages anticipés en cas d’accident de la vie ou d’acquisition de la résidence principale). Portable tout au long de la carrière professionnelle, le PER va progressivement remplacer les contrats existants, qui ne pourront d’ailleurs plus être commercialisés à partir du 1er octobre 2020. Rassurez-vous vous pourrez toujours verser dans vos Perp, Perco, Madelin ouverts avant 2020, mais sans bénéficier des nouvelles modalités. La grande avancée du PER est en effet de permettre une déductibilité des versements volontaires du revenu imposable (dans la limite des plafonds actuels) et ce même en 2019 ! Le dispositif anti-optimisation fiscal ne s’applique pas aux nouveaux PER.

Ouvrir un PER plutôt que d’alimenter un Perp en 2019

Imaginons que vous souhaitez investir 10 000 euros dans votre Perp que vous n’avez pas alimenté en 2018, en raison de l’année blanche fiscale. La règle anti-abus consiste cette année à retenir la moyenne des sommes versées en 2018 et 2019, soit 5 000 euros comme vous n’avez rien versé l’an passé. De fait, vous ferez une économie d’impôts de seulement 2050 euros, si vous avez un taux marginal d’imposition de 41%. Avec un PER, vous avez un vrai bonus fiscal puisque vous économiserez alors 4 100 euros cette année. Néanmoins, la règle anti-abus ne s’applique pas si vous avez seulement ouvert un Perp en 2018 ou cette année. Ouvrir un dispositif d’épargne retraite individuel n’a néanmoins aucun intérêt si vous n’êtes pas imposable, autant privilégier directement l’assurance vie.

Pas d’urgence à transférer vos anciens produits

Si vous détenez déjà de longue date un Perp, Madelin, ou Perco… Il n’y a aujourd’hui aucune urgence à transférer vers un PER. Ce cas de figure est d’autant plus vrai si vous avez encore une longue carrière professionnelle devant vous. N’hésitez pas à prendre le temps pour bien évaluer l’offre de PER qui sera progressivement proposée, certains acteurs ne seront pas prêts avant 2020. Un transfert peut toutefois être intéressant dès aujourd’hui si vous cherchez à améliorer la performance de votre contrat existant. Les PER bénéficieront tous par défaut d’une gestion pilotée, c’est-à-dire qui adapte les placements en fonction de l’horizon de temps avant la retraite, ce qui devrait permettre de meilleurs rendements, mais difficile de dire dès maintenant quels seront les résultats des nouveaux PER. Faites attention car les assureurs devront aussi dès la fin 2023 cantonnés les actifs retraite (actuellement mélangés à leur fonds en euros plus traditionnels), ce qui nécessitera la constitution de nouveaux portefeuilles à placer sur les marchés dans des conditions aujourd’hui extrêmement défavorables, compte tenu du niveau de taux d’intérêt très faible.  

Une fiscalité à bien maîtriser

Avant de vous séparer des vieilles enveloppes, vérifiez aussi leurs atouts, notamment sur le plan fiscal. « Le contrat Madelin peut constituer un outil de succession intéressant alors qu’il n’en sera rien pour le PER qui ne bénéficie pas des mêmes conditions fiscales avantageuses en cas de décès après 70 ans», explique Guillaume Rosenwald, directeur général de la MACSF Epargne Retraite. Dans un PER comme en assurance vie, l’âge du décès va déterminer la fiscalité (avec un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire avant 70 ans puis 30 5000 euros après 70 ans, mais alors sans exonération des intérêts). Après 70 ans, vous aurez même tout intérêt à ne plus capitaliser sur ce produit.

Par ailleurs, débloquer avant la retraite vos sommes versées dans un PER ne sera pas forcement toujours une bonne affaire ! L’acquisition de la résidence principale ouvre en effet droit au déblocage anticipée des sommes versées de manière volontaire ou dans le cadre de l’épargne salariale, mais le capital et les intérêts seront alors imposés. Ce n’est pas le cas si le déblocage s’effectue dans l’un des 5 cas d’accident de la vie (décès, invalidité, surendettement, expiration des droits à l’assurance chômage ou liquidation judiciaire).  Globalement, les règles fiscales seront toujours aussi compliquées (en fonction de l’origine des sommes épargnées, de votre sortie en rente ou en capital) et distinctes entre les nouveaux et les anciens produits. Un vrai casse-tête pour les épargnants.

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