Réforme des retraites: le Premier ministre met en garde contre grèves et blocages

Des syndicats de la RATP, de la SNCF et des transports routiers menacent d’une grève « illimitée » à compter du 5 décembre pour s’opposer au projet de réforme des retraites.

L'exécutif prévoit de fusionner les 42 régimes existants en un "système universel" par points à partir de 2025. Crédit: iStock.

Le Premier ministre Edouard Philippe a mis en garde contre d’éventuels blocages « qui auraient pour objet de conserver des régimes particuliers » de retraite n’ayant « plus lieu d’être », en disant ne pas croire que les Français accepteraient de « les subir », dans un entretien au JDD.

« Je prends la contestation au sérieux, sans désinvolture », indique le chef du gouvernement dans cette interview au Journal du dimanche, alors que des grèves sont annoncées début décembre contre le projet de réforme des retraites.

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L’exécutif prévoit de fusionner les 42 régimes existants en un « système universel » par points à partir de 2025, en vertu d’une réforme « juste et redistributive », selon le Premier ministre. « Je crois au dialogue social. J’ai annoncé que j’étais prêt à négocier pour que la réforme préserve les droits acquis et les espérances légitimes. Mais je ne crois pas que les Français acceptent de subir des blocages qui auraient pour objet de conserver des régimes particuliers qui n’ont plus lieu d’être », estime-t-il.

« Attention au 5 décembre »

Plusieurs syndicats de la RATP, de la SNCF et des transports routiers menacent d’une grève « illimitée » à compter du 5 décembre pour s’opposer à ce projet. Comme on lui demandait dimanche soir sur CNews si cette grève était évitable, Jean-Paul Delevoye a répondu: « Mais bien sûr ».

Pour le haut-commissaire aux Retraites, « les syndicats n’ont pas dit on fait grève le 5 décembre » mais « attention au 5 décembre » si « nous n’arrivons pas à trouver les moyens d’une transition acceptable » des régimes actuels vers le système futur. « C’est donc une stimulation pour nous », a relevé le haut-commissaire.

La valeur du point « ne baissera pas dans le futur système »

Mais il a souligné lui aussi que « les Français ne comprennent pas pourquoi ils continuent à payer des personnes qui partent à 52 ans, qui font les mêmes métiers qu’eux, et eux partent à 62 ans ». « Si le projet (de système universel, NDLR) n’est pas fait, tout le monde sera perdant, parce qu’il y aura des confrontations de catégories contre des catégories, et le système sera extrêmement déstabilisé », a-t-il prévenu.

Au passage, Jean-Paul Delevoye a réaffirmé que le point, dans le futur système, « ne baissera pas, c’est mécanique, puisqu’il est basé sur les salaires », et s’en est pris aux « démagogues », « celles et ceux qui se servent de faux arguments pour alimenter les peurs ».

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Comme Jean-Paul Delevoye, Edouard Philippe rappelle dans son entretien au JDD qu' »un système universel, ce n’est pas un système uniforme ». « Il faudra évidemment prendre en compte les spécificités de certains métiers en termes de dangerosité ou de pénibilité », ajoute le Premier ministre sans mentionner les professions concernées.

« Nous visons un projet de loi fixant le cadre général et les garanties avant l’été prochain », rappelle-t-il, ajoutant qu’il faudra ensuite « travailler régime par régime pour mettre en place les transitions progressives », jusqu’en 2040, vers le nouveau système.

« Nous avons du temps. Prenons-le », s’emploie à rassurer le chef du gouvernement.

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