Retraites: mettre en place la «clause du grand-père», c’est renoncer à la réforme selon Delevoye

Pour le haut-commissaire aux retraites, la réforme doit s’appliquer dès maintenant, avec un temps de transition de quinze ou trente ans pour les salariés actifs.

Le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye. Crédit: Jacques WITT/SIPA

Et si la réforme des retraites, actuellement en discussion, n’était mise en place qu’avec les nouveaux entrants sur le marché du travail ? C’est ce qui s’appelle la « clause du grand-père » et le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye n’est pas du tout pour son application. Dans une interview donnée au Parisien, il indique qu’appliquer cette clause « reviendrait à créer un quarante-troisième régime ». « C’est impossible ! Si on fait la « clause du grand-père » pour une profession, il faut la faire pour tout le monde, question d’équité, ça veut dire que l’on renonce à la réforme », martèle-t-il.

Cette « clause du grand-père » est actuellement sur la table car elle pourrait être un moyen pour le gouvernement de calmer la colère qui gronde notamment chez les futurs bénéficiaires des régimes spéciaux (EDF, SNCF, RATP…). Ces derniers sont contre l’application d’un régime universel par point, qui leur serait défavorable par rapport à ce qu’ils peuvent prétendre actuellement. En reportant la mise en place du nouveau régime de retraite sur les nouveaux entrants sur le marché du travail, le gouvernement peut espérer éteindre l’incendie.

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« Un projet d’espérance »

Alors que le mouvement social du 5 décembre s’annonce très suivi, Jean-Paul Delevoye se veut ferme : « Moi, je ne transigerai pas sur l’objectif. Si la grève du 5 décembre est une crispation catégorielle, si elle vise à s’opposer au régime universel, je ne l’entends pas. Cela voudrait dire que les intérêts corporatistes et la capacité de nuisance l’emportent sur l’intérêt supérieur du pays. C’est ma position personnelle ».

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La réforme, qui devrait être votée en juin 2020, est « un projet d’espérance » souligne le haut-commissaire. « Je note que l’opinion adhère au fait que nous proposons un système qui sera plus redistributif, plus favorable aux femmes, plus favorable aux carrières heurtées et courtes. Celles et ceux qui sont favorisés par le système actuel doivent accepter un effort de redistribution », pense-t-il.

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