Réforme des retraites: les concessions faites aux salariés d’EDF, d’Engie et de la SNCF

Les négociations vont bon train pour sortir du mouvement social qui fait rage en ce moment. Le gouvernement serait prêt à faire quelques entorses aux règles édictées jusque-là.

Le gouvernement est prêt à lâcher un peu de leste. Guillaume SOUVANT/SIPA

Alors que la mobilisation contre la réforme des retraites bat son plein dans plusieurs secteurs d’activité, en coulisse, les discussions se poursuivent entre le gouvernement et certains représentants des régimes spéciaux que le gouvernement veut supprimer.

Changement d’assiette de cotisation

Ainsi, le patronat et les syndicats des industries électriques et gazières travaillent ensemble pour rendre la transition entre le régime spécial des employés d’EDF et Engie vers le régime universel plus douce. Des avancées validées informellement par le gouvernement, selon Les Echos.

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Jusqu’à présent, les primes ne rentrent pas en considération dans le calcul de la pension. Une situation qui changera en 2025, avec des cotisations prélevées sur les primes. Or, certains employés (les techniciens) en touchent plus que d’autres (les employés administratifs). Ce qui fait qu’avec le changement d’assiette de cotisation, ceux qui touchent le plus de prime vont perdre du salaire net et ceux qui en touchent moins perdront 10% à 20% de leur future pension. Les partenaires sociaux se sont mis d’accord pour mettre en place une période de transition de quinze ans, pour diminuer ces effets.

Développer l’épargne-retraite

Par ailleurs, parce que les entreprises ne peuvent pas compenser ce que les employés ayant peu de primes vont perdre dans le nouveau système, EDF et Engie souhaitent donc développer l’épargne-retraite collective. Un assouplissement des règles a été demandé au gouvernement pour que ceux qui touchent peu de primes puissent profiter du dispositif. Egalement, le compte épargne jour retraite, qui permet aux employés de stocker des droits pour partir à la retraite plus tôt, sera recentré sur ceux qui ont des métiers pénibles.

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Du côté de la SNCF, Le Figaro indique qu’une solution pour les conducteurs nés en 1986 et qui ont cotisé 14 ans dans le régime spécial a été trouvée. Ils pourront partir à la retraite dès 52,8 ans avec une forte décote (contre 52 ans actuellement avec une carrière intégralement réalisée dans le régime spécial) et à 57,8 ans avec le taux plein (contre 57 ans actuellement). Par ailleurs, les agents pourront faire valoir leurs droits jusqu’à deux ans plus tôt que prévu (un an, jusqu’à présent) avec le compte épargne-temps, sur lequel sont versés des jours de RTT non pris. Par ailleurs, comme les autres salariés, les primes seront intégrées au calcul des pensions, ce qui n’était pas le cas à la SNCF jusqu’à présent.

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