Conférence de financement des retraites: le Medef pose ses conditions

Le président de la première organisation patronale française a posé deux conditions à la participation du Medef à la conférence sur le financement des retraites.

"On est partants pour aller à cette conférence de financement mais à deux conditions", a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux. crédit: iStock.

Le Medef participera à une conférence de financement des retraites appelée de ses vœux par la CFDT à condition qu’elle livre ses conclusions avant la fin des débats au Parlement sur la réforme du système et que le gouvernement dise combien elle va coûter, a indiqué mardi son président.

« On est partants pour aller à cette conférence de financement mais à deux conditions: que ses conclusions se terminent avant la fin de la discussion du projet de loi au Parlement, autrement dit ce n’est pas la méthode demandée par la CFDT qui met la réforme d’un côté et les discussions financières après », a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux à des journalistes juste avant une discussion réunissant partenaires sociaux et gouvernement sur le projet de loi. « Si c’est ça, ça sera sans nous », a-t-il prévenu.

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« Deuxième chose, le gouvernement doit mettre tous les coûts sur la table, toutes les dépenses notamment sur la table, et notamment celles qu’il a acceptées depuis quelques semaines », a ajouté le président de la première organisation patronale française.

La décote temporaire écartée

Il a par ailleurs expliqué pourquoi il ne croyait pas à une décote temporaire pour les salariés partant à 62 ans, sur le modèle de ce qui a été mis en place à partir de 2019 pour les retraites complémentaires gérées par l’Agirc-Arcco, et que le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand propose d’étudier pour le régime général. « La décote temporaire, sauf à ce qu’elle soit très violente, n’est pas assez incitative », estime M. Roux de Bézieux. En effet « les premières indications de l’Agirc-Arcco semblent indiquer que ce n’est pas suffisant » pour faire partir les salariés à la retraite à 64 ans, a-t-il expliqué tout en se voulant prudent sur ce sujet.

Sur le passage à un système par points, « on n’était pas demandeur de cette réforme qui est encore une fois une réforme demandée par la CFDT et les syndicats réformistes pour pallier un certain nombre de manques réels ou supposés du système de retraites actuel », a répété M. Roux de Bézieux.

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Il a précisé que le Medef avait décidé de la soutenir puisqu’elle faisait partie du programme du président de la République mais qu' »une condition essentielle, c’est qu’elle soit équilibrée financièrement ».

Selon une source parlementaire mardi, l’Assemblée nationale examinera le projet contesté de réforme des retraites à partir du 17 février et durant deux semaines, en procédure accélérée.

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