Emploi des seniors: les 5 pistes pour leur permettre de travailler plus longtemps

Le rapport Bellon a été remis mardi 14 janvier à la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui a lancé une concertation sur le sujet.

Comment encourager l’emploi des seniors ? C’est le casse-tête auquel tente de répondre le gouvernement alors qu’il veut faire travailler les Français plus longtemps. Dans le privé, un actif sur deux qui part en retraite n’est déjà plus en emploi, parce qu’il est au chômage, inaptitude ou inactivité, précise Le Figaro. À 62 ans, âge légal de départ en retraite, seuls 20% des assurés sont encore effectivement en emploi.

Une situation à laquelle le gouvernement va devoir trouver une solution. Dans ce cadre, Sophie Bellon, présidente du conseil d’administration de Sodexo, a remis mardi 14 janvier son rapport à la ministre du Travail. Pour tenter de trouver des solutions pour améliorer l’emploi des seniors, cinq pistes sont évoquées.

Améliorer la reconversion

Première mesure : mieux anticiper l’usure professionnelle en favorisant la communication entre médecin du travail, médecin traitant et entreprise. Deuxième proposition : permettre de changer de carrière.

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Pour cela, le rapport préconise de développer l’offre d’accompagnement des projets individuels de formation et d’inciter les employés à se former via leur CPF. Le but : permettre une meilleure reconversion pour les actifs de plus de 45 ans ou exerçant des métiers pénibles.

Assouplir les frontières

Troisième point : faciliter les mobilités et évolutions professionnelles en permettant aux seniors de changer de tâche en fonction de leurs capacités physiques et de leurs envies. « Un homme qui arrive dans une entreprise comme ouvrier avec des tâches pénibles à 20 ans ne doit plus être ouvrier à 40 ans », détaille ainsi Sophie Bellon.

Quatrième thème abordé : l’assouplissement des frontières entre emploi et retraite. Le rapport préconise ainsi de rendre le cumul emploi-retraite plus attractif et de faciliter l’accès à la retraite progressive. Deux dispositifs jugés, pour le moment, trop complexes qui ont pourtant fait leurs preuves dans les pays nordiques, rappelle Le Parisien.

Le « droit de demander »

Pour faciliter la transition en fin de carrière, le rapport Bellon évoque également la mise en place du « droit à demander ». L’idée est de permettre à un salarié âgé de plus de 50 ans de demander un aménagement raisonnable de l’organisation du travail en fonction des besoins de l’entreprise et de sa santé.

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Pour faciliter cette mesure, il est proposé d’inciter les branches professionnelles à négocier des baisses de salaire pour les employés en fin de carrière, dans le cas où leurs responsabilités s’allègent.

Changer les mentalités

Enfin, l’un des points clés pour un meilleur emploi des seniors est de faire évoluer les représentations culturelles liées à l’âge. Le document estime ainsi qu’il faut réfléchir à de nouveaux modes d’organisation du travail dans l’entreprise pour mieux intégrer les salariés âgés.

De son côté, Sophie Bellon estime qu’il va falloir faire changer les mentalités « Le gros frein reste lié aux représentations culturelles. Dans les années  1970 et 1990, on a mené une politique de préretraites avec l’idée que les seniors prenaient le travail des jeunes. C’est faux, mais c’est resté ancré dans la tête des gens. Des petites mesures juridiques ou techniques ne suffiront pas à changer cela, il faut des mesures structurelles », affirme la rapporteure.

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