Retraites: selon le simulateur du gouvernement, la réforme pénalise les départs avant l’âge pivot

Alors que le projet de loi controversé instaurant un système universel de retraites sera présenté ce vendredi 24 janvier en conseil des ministres, Les Décodeurs du Monde ont décrypté les cas-types du simulateur incomplet de l’exécutif.

Le quotidien, qui a pu consulter des extraits de la version intermédiaire de l’étude d’impact sur la réforme des retraites, conclut au rôle capital de l’âge pivot sur le niveau des pensions. Ce mécanisme s’apparente à un système de bonus-malus sur la valeur du point de retraite, rappelle le journal. Ainsi, un salarié choisissant de partir un an avant l’âge d’équilibre verra la valeur de son point diminuer de 5%, de 10 % s’il prend sa retraite deux ans avant, de 15 % s’il s’en va trois avant… et cætera. Inversement, pour les départs après 65 ans.

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Il ressort des 28 cas-types présents dans l’étude d’impact, les mêmes que ceux du simulateur, que le futur régime restera favorable aux salariés quittant le marché du travail à partir de 66 ans. Sont étudiés les profils de personnes ayant été actives à partir de 22 ans. Une simulation est proposée pour les travailleurs nés en 1980 (parmi les premiers entrants dans le nouveau système) et ceux nés en 1990.

Une réforme toujours favorable pour les départs à 66 ans

Selon Le Monde, qui a étudié dans le détail le montant estimé des pensions dans le futur régime, un seul constat ressort : les profils nés en 1980 seront perdants avec le nouveau système s’ils projettent un départ en retraite à 62 et 63 ans, et ce, qu’il s’agisse de salariés du privé, du public, ayant des hauts ou des bas revenus, avec ou sans enfants, que les carrières soient « linéaires » ou « ascendantes ». La méthodologie précise du gouvernement est détaillée ici.

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Pour être tous gagnants, il leur faudra partir à 65 ans, année de l’âge d’équilibre envisagé dans ces simulations, ou plus. Au-delà de 67 ans, 25 salariés fictifs sur 28 toucheraient une pension 3% supérieure à celle du système actuel. Huit verraient leur pension améliorée de 15%. Un calcul exactement inverse pour les départs à 62 ans. Autrement dit, le bonus-malus réel par année d’écart par rapport à l’âge pivot (fixé ici à 65 ans) serait de 7% voire 8% et non de 5%.

Les salariés au niveau du Smic principaux bénéficiaires

A noter également que les travailleurs ayant touché un salaire minimum tout au long de leur carrière, à temps complet ou partiel, sans ou avec deux à trois enfants, sortiraient systématiquement gagnants du régime universel, toujours à condition de partir en retraite à 65 ans.

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Cela se justifie par la mise en place du minimum de pension à 85% du Smic net (pour les carrières complètes à partir de l’âge d’équilibre) dans le système universel, précise l’étude d’impact.

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