Retraite : les 10 étapes à respecter pour faciliter votre demande de pension

Indépendamment de la réforme en cour, voici dix actions fondamentales à mener pour toucher le bon montant de votre retraite, à la date souhaitée.

Pour vous aider à positionner correctement votre date de départ, le montant de vos futures pensions ne doit pas être négligé. Crédit: iStock.

Si la retraite peut être synonyme de farniente, en revanche, la préparer n’est pas de tout repos ! Si vous êtes né en 1958 et pouvez potentiellement partir à 62 ans, ou si vous êtes né en 1960 et pouvez prétendre à une retraite anticipée, pour longue carrière par exemple, pas de temps à perdre : suivez pas à pas notre feuille de route pour faire valoir vos droits dès 2020.

Si vous êtes né en 1962 au plus tard et souhaitez cesser toute activité professionnelle avant 2025, année initialement prévue pour l’instauration du futur régime universel, franchissez d’ores et déjà certaines de ces étapes : cela facilitera, demain, votre demande de pension.

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1 – Créer votre compte retraite

Tous vos droits à la retraite, c’est-à-dire l’ensemble des trimestres acquis dans les régimes de base (au maximum quatre cotisés par an sous réserve d’avoir perçu un salaire suffisant) et des points acquis dans les régimes complémentaires, sont regroupés depuis trois ans au sein d’un seul et même portail : Info-retraite.fr. A la fin de 2019, ce site officiel comptait plus de quatre millions d’inscrits.

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Il reprend évidemment les informations disponibles sur les plates-formes des grands régimes de retraite, comme celle du régime général (Lassuranceretraite.fr), du régime complémentaire des salariés (Agirc-arrco.fr), du régime des fonctionnaires de l’Etat (Retraitesdeletat.gouv.fr), ou encore sur les sites de certains professionnels libéraux et des microentrepreneurs (Lacipav.fr). Le portail offre de nombreux services supplémentaires, tel qu’un simulateur du montant probable des futurs pensions.

2 – Editez votre relevé de situation

Le relevé de situation, disponible dans votre compte personnel sur Info-retraite.fr, est un document indispensable. Année après année, depuis votre premier job, il récapitule les revenus pour lesquels vous avez versé des cotisations et validé potentiellement de un à quatre trimestres pour les régimes de base, ainsi que des points dans les complémentaires.

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Même si ce relevé doit en principe parvenir à votre dernier domicile connu à 55 ans et 60 ans notamment, il est prudent d’en faire la demande en ligne chaque année vers la mi-avril, une fois que toutes les déclarations sociales nominatives de l’année précédente ont été enregistrées par le régime général, afin d’en débusquer les éventuelles erreurs. Attention à ne pas confondre ce document avec le relevé de carrière qui se limite aux seuls droits acquis dans les régimes de base.

3 – Vérifiez vos trimestres

La durée d’assurance, exprimée en nombre de trimestres, est un élément clé du système actuel car elle conditionne l’obtention de pensions calculées à taux plein. Depuis quelques années, elle est en augmentation constante : si vous êtes né en 1958, 1959 ou 1960, vous devez avoir cotisé 167 trimestres au minimum, tous régimes confondus, pour prétendre à des pensions sans minoration. Né en 1961, 1962 et 1963, c’est 168. « Ce total figure sur votre relevé de situation, mais il ne faut pas le prendre pour argent comptant.

Par exemple, les périodes effectuées à l’étranger ne sont pas toujours mentionnées », note Dominique Prévert, dirigeant associé d’Optimaretraite, société spécialisée dans la vérification et le calcul des retraites. D’où l’importance de pointer les trimestres et, le cas échéant, de
réclamer un réajustement en ligne.

4 – Repérez votre date de taux plein

Parce qu’aucune carrière professionnelle ne ressemble à une autre, vous pouvez atteindre votre taux plein à 62 ans, âge légal de départ, mais aussi avant ou après. En fonction du nombre de trimestres acquis, repérez à quel moment vous parvenez à ce fameux taux. Additionnez tous les trimestres
qu’il vous reste à acquérir par le fruit de vos cotisations et ceux auxquels vous avez droit : par exemple, les quatre ou cinq trimestres pour service national ou les huit par enfant né avant 2010 attribués aux mères de
famille salariées.

Distinguez-les ensuite selon leur nature. Pourquoi ? Parce que dans le cadre d’un départ anticipé dès 60 ans pour carrière longue (dispositif accessible si vous avez cinq trimestres cotisés avant la fin de l’année de vos 20 ans), seuls les trimestres cotisés au sens strict sont pris en compte, et non les majorations pour maternité, par exemple. En outre, toujours dans le
cadre de ce dispositif, la réglementation ne retient que quatre trimestres maladie et quatre trimestres chômage au maximum pour toute la carrière professionnelle, alors qu’ils ne sont pas plafonnés pour une carrière plus
classique. Si vous en totalisez davantage, ils ne seront pas ajoutés et votre âge de taux plein pourra être repoussé à 62 ans !

5 – Evaluez vos futures pensions

Pour vous aider à positionner correctement votre date de départ, le montant de vos futures pensions ne doit pas être négligé. Car au-delà de vos conditions de travail, de votre situation personnelle, de vos envies et de l’atteinte ou non du fameux taux plein, un autre critère est essentiel : ce dont vous avez besoin en euros sonnants et trébuchants pour vivre pleinement votre retraite. Pour cela, utilisez le service « Estimer ma retraite » en ligne sur Info-retraite.fr et n’hésitez pas à tester, comme cela est proposé, différentes hypothèses de fin de carrière : favorable (salaires ou honoraires en hausse par exemple) ou défavorable (baisse ou absence
totale de revenus). Vous verrez ainsi s’afficher vos différentes estimations de pensions à partir de l’âge légal.

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Si vous avez eu ou éduqué trois enfants pendant au moins neuf années avant leur seizième anniversaire, sous réserve de le justifier, n’oubliez pas d’ajouter à ces montants la majoration de 10 % accordée à chaque parent.

6 – Prenez en compte le malus Agirc-Arrco

En vigueur depuis un an, le malus Agirc-Arrco de 10 % durant trois ans est d’autant plus pénalisant pour les salariés du privé que la pension complémentaire est importante. Sauf exceptions (vous êtes reconnu handicapé ou inapte au travail…), il viendra la diminuer si vous partez sitôt atteint votre taux plein.

Evaluez-le pour prendre votre décision : pour une pension Agirc-Arrco de 3 000 euros brut par mois, il représente 10 800 euros au total (300 euros/mois x 36 mois). Si vous décalez votre départ d’un an après le taux plein, ce malus s’effacera totalement et vos pensions seront majorées (par le jeu d’une surcote de 5 % sur votre retraite de base et de points Agirc-Arrco supplémentaires).

Si vous reportez plus encore votre départ, vous pourrez bénéficier en outre d’un bonus (+ 10 %, + 20 % ou + 30 % selon les cas) sur votre pension Agirc-Arrco pendant un an. Enfin, si vous partez non pas à taux plein, mais avec un trimestre en moins à 62 ans ou après, vos pensions subiront des minorations viagères (c’est-à-dire définitives). Mais, sur le long terme, cette option, qu’il convient de chiffrer au préalable avec un conseiller retraite, peut se révéler moins coûteuse que le malus lui-même.

7 – Positionnez votre date d’effet

Vous devez indiquer au régime de retraite auquel vous êtes rattaché une date d’effet, point de départ « officiel » de votre retraite : il ne peut s’agir que du premier jour d’un mois civil. Pressé de profiter de votre temps libre ? Rien ne vous empêche de caler votre timing sans tenir compte du malus Agirc-Arrco si cela vous importe peu.

Quoi qu’il en soit, soyez vigilant. En effet, positionner sa date de départ un 1er mars, 1er juin, 1er septembre ou un 1er décembre revient à se priver d’un trimestre retraite alors que « pour en bénéficier d’un supplémentaire, il suffit de travailler un mois de plus », fait remarquer Dominique Prévert. Dans le même esprit, à l’inverse, démarrer un 1er janvier, et non un 1er décembre, vous permet de majorer mécaniquement votre future pension de base, puisque votre dernière année de salaire (qui est souvent la meilleure) sera complète, venant ainsi gonfler votre salaire annuel moyen (SAM), paramètre de calcul important qui tient compte des vingt-cinq meilleures années de votre carrière.

8 – Ne négligez pas les à-côtés

On les oublie souvent, pourtant chaque départ en retraite à des impacts collatéraux. Ainsi, mieux vaut partir en début d’année et percevoir à ce moment-là votre indemnité de fin de carrière, de congés payés et autres primes, pour ne pas voir déraper votre taux de prélèvement à la source. Côté protection sociale, renseignez-vous sur le mode de calcul de votre indemnité de fin de carrière car certaines conventions collectives se fondent sur des années civiles complètes : dans ce cas encore, mieux vaut partir en début d’année pour percevoir un tantième d’indemnité en plus.

9 – Respectez certains délais

Pour maximiser vos chances de percevoir toutes vos pensions à la date d’effet demandée, Tamer Hagag, manager du service réalisation chez Novelvy Retraite, recommande de suivre les consignes des caisses de retraite qui requièrent quatre à six mois de délai pour traiter chaque dossier.

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Sur Info-retraite.fr, vous pouvez liquider en ligne toutes vos pensions (et joindre simultanément les scans ou photographies des justificatifs), quels que soient les régimes auxquels vous avez cotisé, à quelques exceptions près : préretraite amiante, départ anticipé pour handicap ou pour pénibilité, notamment. Cette démarche vous permet par ailleurs d’être informé en temps réel de l’avancement de votre dossier.

Si vous préférez, vous pouvez vous adresser, pour votre retraite de base et complémentaire, à la caisse régionale de l’un des régimes dont vous dépendez : par exemple, si vous êtes salarié en métropole, la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) ou la Cnav en Ile-de-France (annuaire sur Lassuranceretraite.fr).

10 – Vérifiez vos notifications de pension

Le premier versement de vos pensions respectives a lieu à terme échu pour les régimes de base, soit au début de mars 2020 pour une demande d’effet de la retraite au 1er février, mais en avance et en début de mois pour l’Agirc-Arrco. Avant de le percevoir, chaque régime vous fait parvenir une notification de pension. Vérifiez-en les différents paramètres : date de départ, taux d’attribution de la retraite de base (50 % si vous partez à taux plein), surcote éventuelle (si vous avez travaillé après votre date d’obtention du taux plein), majoration de 10 % pour trois enfants ou plus, majoration de 5 % de la pension Agirc-Arrco pour enfant fiscalement encore à charge…

Vous disposez de deux mois à compter de la date d’émission du document par le régime général pour signaler une erreur (de préférence par courrier recommandé), sans que cela remette en cause la date d’effet demandée « puisque, dans ce cas, un versement rétroactif interviendra », souligne Tamer Hagag. Côté Agirc-Arrco, sachez que la première notification est provisoire et indique uniquement le montant qui vous sera immédiatement versé, avec malus le cas échéant. Il n’existe pas de délai pour la contester. Ce n’est que six mois après environ qu’une notification définitive vous parviendra.

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