Voici à quoi ressemblent les nouveaux plan d’épargne retraite (PER) qui sortent sur les étals

La commercialisation du plan d’épargne retraite individuel, dit Perin, a démarré dans certains établissements financiers. Sauf motif fiscal, inutile de se précipiter.

A moins de viser une économie d’impôts substantielle avant la fin de l’année, mieux vaut prendre le temps de comparer les offres en 2020. Crédit: iStock.

Un rappel, d’abord : le plan d’épargne retraite (PER) vise à se constituer un capital pour sa retraite par des versements effectués à sa convenance, il s’agit d’un placement à long terme donc. Issu de la loi Pacte votée au printemps, le Perin, sa version dédiée aux dépôts individuels, vit sa première joute commerciale depuis quelques semaines. De manière assez confidentielle, il faut le noter.

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Et pour cause, les Français sont peu au fait de son existence, à peine un tiers d’entre eux, selon un sondage réalisé à la fin de septembre par Aviva et Deloitte. Surtout, les établissements financiers ne sont pas tous au rendez-vous. Ainsi, Afer, Allianz, Banque Populaire, Caisse d’Epargne, Crédit Mutuel, La Banque Postale, Maaf et MMA, entre autres, sortiront du bois en 2020 seulement.

Les versements déductibles du revenu imposable

Les premières offres sont sans surprise. Alors qu’aux dires de la loi, un Perin peut prendre deux formes, un contrat d’assurance vie ou un compte-titres, pour l’heure, l’ensemble des produits commercialisés repose sur une… assurance vie (voir tableau ci-dessous).

Résultat, les Perin actuels comprennent un fonds en euros, des supports risqués, de la gestion pilotée, le tout mis dans l’enveloppe réglementaire et fiscale de l’épargne retraite. Seule exception, la mutuelle Garance, qui a lancé un Perin original, en points.

En somme, pas de quoi s’emballer, sauf pour des raisons fiscales. Avec ce produit, les versements sont en effet déductibles du revenu imposable. Plus votre tranche marginale d’imposition est élevée, plus l’avantage sera important. Sans oublier qu’à la sortie, le capital ou la rente seront cette fois soumis à l’impôt.

Pas facile de comprendre ce qui est vendu

La priorité reste toutefois de s’interroger sur ses besoins de revenus à la retraite et l’épargne à mettre en place pour y répondre. Il s’agit ensuite de comprendre ce qui est vendu, sans se leurrer.

Certes, 50 % des personnes se déclarent convaincues quand on leur présente les caractéristiques du Perin, toujours selon Aviva et Deloitte. Encore faut-il leur rappeler ses contraintes. Notamment que l’épargne n’est pas récupérable avant la retraite, sauf coups durs (décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, invalidité de l’épargnant, surendettement, expiration des allocations chômage, etc.) ou acquisition de sa résidence principale. On est loin de la souplesse d’une assurance vie classique, qui permet de retirer son épargne à tout instant.

Surtout, il va falloir faire jouer la concurrence. Sur quoi vont se différencier les produits ? Sur le niveau des frais (soyez très vigilant), sur l’offre financière, sur le rendement du fonds en euros, sur les options proposées ou encore sur les services de gestion à distance. Bref, à moins de viser une économie d’impôts substantielle avant la fin de l’année, mieux vaut prendre le temps de comparer les offres en 2020, lorsque le marché sera plus riche en solutions.

Pour les quatre millions de Français qu’on estime détenteurs d’un produit retraite (Perp, Madelin, Préfon, Corem, CRH), pas de panique : ils peuvent encore alimenter ces enveloppes, dont la commercialisation ne sera close qu’au 1er octobre 2020. Elles seront transférables dans un Perin par choix individuel, ou de manière automatique si l’assureur gestionnaire en décide ainsi.

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