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7 chiffres à connaître sur la retraite des femmes (et ils sont rarement positifs)

Les femmes touchent toujours en moyenne environ 40 % de moins que les hommes à la retraite. Mais ce n’est pas tout…

Montants des pensions, temps passé à la retraite, âge lors du départ, réversions, etc. : les spécificités des retraites féminines sont nombreuses, rappelle l’édition 2019 du rapport « Les retraités et les retraites » de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), publié ce jeudi. Tour d’horizon.

1 –Leur retraite est toujours d’environ 40 % inférieure à celle des hommes

Montant moyen de la pension en 2017, tous régimes confondus : 1422 € bruts par mois. Les femmes perçoivent 1096 € brut, soit 38,3 % de moins que les hommes (1777 €). Cet écart était globalement le même en 2016, 38,4%.

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La différence est plus importante encore si l’on ne prend en compte que les retraités résidant en France, elle grimpe alors à 41,9 %. Elle se réduit en revanche à 24,6 % si l’on inclut les pensions de réversion tous retraités confondus (24,4 % en 2016), et à 29 % pour ceux vivant en France (29,2 % en 2016).

2 – Elles partent à la retraite 7 mois plus tard

La Drees calcule chaque année l’âge « conjoncturel » de départ à la retraite, qui correspond, grosso modo à l’âge moyen de départ effectif, corrigé des effets de générations. En 2017, il s’est élevé, tous régimes confondus et pour les personnes résidant en France, à 62 ans et 4 mois pour les femmes, 61 ans et 9 mois pour les hommes, et 62 ans et un mois au global.

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L’écart entre les deux sexes se réduit progressivement, indique le rapport. Il était de 8 mois en 2010 et de un an et trois mois en 2004.

3 – Temps passé à la retraite : presque 28 ans et demi côté femmes

Pour les femmes résidant en France nées en 1951, dernière génération pour laquelle la Drees a pour l’heure effectué l’estimation, la durée moyenne passée à la retraite serait de 28 ans et 5 mois, contre 24 ans et 7 mois sur les hommes. Soit 3 ans et 10 mois de plus. Car même si les premières partent à la retraite en moyenne à un âge supérieur, elles ont une espérance de vie plus longue, explique le rapport.

Crédit : Drees

4 – Elles représentent 88 % des bénéficiaires de réversions

Sur les 4,4 millions de personnes touchant au moins une pension de réversion fin 2017, 88 % sont des femmes. Tout comme fin 2016.

« Cette situation s’explique par leur longévité supérieure et le fait qu’elles sont en moyenne deux à trois ans plus jeunes que leur conjoint », détaille les auteurs de l’étude. « En outre, les hommes, en raison de leur niveau de pension de droit direct souvent plus élevé que celui des femmes, ont des revenus qui dépassent plus fréquemment le plafond de ressources pour être éligible à la réversion, pour les régimes où celle-ci est soumise à condition (par exemple le régime général, ndlr). »

5 – Elles constituent 70 % des retraites progressives

Au 31 décembre 2017, 16 690 salariés des régimes général et agricole perçoivent une fraction de leurs futures pensions tout en travaillant à temps partiel, au titre du dispositif de la retraite progressive, soit quasi 40 % de plus qu’un an auparavant. Parmi eux, 70 % sont des femmes et ont en moyenne 61 ans et cinq mois.

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A savoir : Ce dispositif est accessible à partir de 60 ans à la condition d’exercer une activité entre 40 et 80 % (ce qui nécessite l’accord de votre employeur) et d’avoir validé, tous régimes confondus, au moins 150 trimestres.

6 – Moins de 3 femmes sur 10 sont polypensionnées

Fin 2017, 33,1 % des retraités sont dits « polypensionnés » car ils reçoivent une pension d’au moins deux régimes de base différents, par exemple une du régime général et du Service des retraites de l’Etat. C’est 38,3 % pour les hommes et 28,4 % pour les femmes.

Explications données par l’étude à cet écart : les premiers ont en moyenne des carrières plus longues et une « plus forte probabilité de changer de régime ». Ils ont en outre « davantage exercé des métiers d’indépendants » (or, les indépendants ont dans la plupart des cas été aussi affiliés au régime général des salariés).

7 – La moitié des bénéficiaires du minimum vieillesse sont des femmes seules

Célibataires, veuves ou divorcées, les femmes seules constituent 50,3 % des plus de 550 000 allocataires du minimum vieillesse fin 2017. Et les femmes représentent 68,2 % des allocataires seuls. En cause, leur meilleure longévité et leurs pensions en moyenne moins élevées.