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Réforme des retraites: 14e jour de grève, nouvelles négociations à Matignon

Après la mobilisation de mardi, les leaders syndicaux et patronaux sont reçus à Matignon. Ils ont rendez-vous, chacun leur tour, avec le Premier ministre.

Crédit: iStock

Au lendemain d’une troisième journée de manifestation contre la réforme des retraites et à trois jours des vacances de Noël, Edouard Philippe reçoit à nouveau les syndicats à Matignon mercredi, pour tenter de trouver une porte de sortie à la crise, sous la menace de nouveaux blocages dans les transports pendant les fêtes.

Le temps presse, d’autant plus que la grève se poursuit dans les transports en commun. Se déplacer restait un défi mercredi matin, en particulier en Ile-de-France. A 07h50, les bouchons s’accumulaient sur les routes franciliennes, atteignant 350 kilomètres, un niveau exceptionnel pour cet horaire, selon le site d’informations routières Sytadin.

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A la RATP, le trafic reste « très perturbé », avec huit lignes de métro fermées et quatre partiellement ouvertes, uniquement aux heures de pointes. Les deux lignes automatiques (la 1 et la 14) sont les seules à fonctionner normalement. Côté RER, une rame sur deux circule sur la ligne A, une sur trois pour la B.

Même situation à la SNCF, qui fait circuler un Transilien sur quatre, quatre TER sur dix et un TGV sur trois « en moyenne ».

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Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le trafic des trains reste ainsi quasiment aussi perturbé que ces derniers jours. Il n’y a qu’un seul train direct dans la journée vers Nîmes et Montpellier. 

Rendez-vous à Matignon

Tous dans la rue mardi, les leaders syndicaux et patronaux seront reçus à Matignon mercredi. Ils ont rendez-vous, chacun leur tour, avec le Premier ministre à partir de 14h00. L’Unsa ouvrira le bal, suivi de la CGT, la CFTC, le Medef, la CFDT, la CPME, l’U2P, FO puis la CFE-CGC. 

Le plus attendu de tous, Laurent Berger, arrivera à 17h20, pour redire en face au Premier ministre Edouard Philippe son opposition à « l’âge d’équilibre » que le gouvernement veut fixer à 64 ans, avec un « bonus-malus » censé inciter chacun à travailler plus longtemps.

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Face à eux, ils auront également un nouveau « M. Retraites », nommé mardi soir: Laurent Pietraszewski, député LREM du Nord, remplace le haut-commissaire aux retraites démissionnaire Jean-Paul Delevoye, rattrapé par des révélations sur ses activités parallèles et mandats non déclarés.

Après les partenaires sociaux, M. Philippe doit également recevoir les dirigeants de la RATP et de la SNCF, qui a présenté son plan de transport pour le premier week-end des vacances.

La compagnie ferroviaire affirme qu’elle pourra transporter ce week-end tous les passagers ayant déjà réservé un billet TGV. Mais pour l’instant, tous les syndicats de cheminots, y compris la CFDT, refusent la « trêve » de Noël souhaitée par l’exécutif.

D’ultimes compromis avant l’envoi d’une première mouture du projet de loi

Mardi à Paris, le cortège à l’appel des syndicats a rassemblé 76.000 personnes, selon les autorités, qui ont compté 615.000 manifestants dans tout le pays pour cette troisième mobilisation, en net rebond par rapport au 10 décembre (339.000), mais en deçà de la première journée du 5 décembre (806.000).

La CGT a revendiqué 1,8 million de participants, soit davantage que le 5 décembre (1,5 million) et deux fois plus que le 10 (885.000). La poursuite du mouvement a été décidée mardi soir en intersyndicale, par des « actions locales » à partir du 19 et sans trêve de Noël, mais sans nouvelle journée d’action nationale à ce stade.

Si le Premier ministre a répété sa « détermination totale » à mener la réforme promise par Emmanuel Macron et à créer le « système universel » de retraite par points censé remplacer les 42 régimes existants, plusieurs membres du gouvernement ont donné des signes d’ouverture. « Evidemment nous sommes ouverts à bâtir un compromis », a dit la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye sur LCI.

M. Philippe a déjà prévu de revoir les partenaires sociaux « ensemble lors d’une multilatérale » jeudi à 16h00. Un raout propice à d’ultimes compromis avant l’envoi au Conseil d’Etat d’une première mouture du projet de loi dont la présentation en Conseil des ministres est programmée le 22 janvier.