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Epargne retraite : Pourquoi le PER n’est pas forcément pour vous

Que ce soit au niveau de sa fiscalité, de ses conditions de déblocage ou de ses frais… la souscription d’un PER doit être une opération réfléchie, et son intérêt à jauger en fonction de son profil.

Le Plan épargne retraite (PER) vient de fêter son premier anniversaire et atteint déjà un nombre élevé de souscriptions. Instauré par la loi Pacte du 22 mai 2019, le PER a remplacé tous les produits existants de l’épargne retraite : du Perp au Perco, en passant par le Madelin ou le Prefon. Destiné à simplifier les dispositifs harmoniser et simplifier ces dispositifs, il entend développer massivement ce secteur, encore balbutiant face à l’assurance vie. Or voilà, « le PER n’est pas nécessairement la meilleure option pour préparer sa retraite » selon Albert d’Anthouärd, directeur de la clientèle privée chez Nalo. Et en dépit des avantages indéniables du nouveau produit retraite, « il n’est pas adapté à toutes les situations patrimoniales », ajoute l’expert.

Fiscalité pas avantageuse pour tout le monde

En premier lieu, sa fiscalité est certes avantageuse… mais pas pour tout le monde ! « En réalité, il fonctionne surtout comme un outil de lissage de l’impôt sur le revenu dans le temps : l’épargnant est essentiellement taxé lors de son départ en retraite. Il n’est donc pas forcément plus intéressant de choisir le PER plutôt qu’un autre produit d’épargne de long terme. Sauf dans un cas bien précis : celui des foyers dont le taux marginal d’imposition (TMI) est supérieur à 30 %, et dont les revenus vont baisser significativement à la retraite ». Ainsi, si le PER propose de bénéficier d’un avantage fiscal à l’entrée – avec des versements volontaires susceptibles d’être déduits de l’assiette de l’impôt sur le revenu -, l’intérêt est limité pour les contribuables peu imposés.

Quant aux foyers dont le TMI dépasse 30%, l’intérêt du PER dépendra de leur situation au moment de la retraite. En effet, contrairement à l’assurance-vie, le PER ne prévoit pas d’avantage fiscal à la sortie : « lors de la clôture du contrat, les sommes correspondant aux versements initiaux sont assujetties à l’impôt sur le revenu selon votre taux du moment, et les plus-values sont soumises à un prélèvement forfaitaire unique (PFU de 30 % : 12,8 % d’imposition + 17,2 % de prélèvements sociaux) », rappelle Albert d’Anthouärd. En revanche les professions libérales, dont les revenus et le taux d’imposition baissent fortement à la retraite, « auront tout à y gagner ». 

Intérêt à l’approche de la retraite

Le capital placé sur un PER est en principe bloqué jusqu’à la retraite, sauf en cas de décès, invalidité, ou, depuis la loi Pacte pour acquisition d’une résidence principale. Donc à court ou moyen terme, le déblocage sera hors de ces cas listés impossible. « Une enveloppe plus flexible est donc conseillée pour ceux qui souhaitent conserver une totale disponibilité des fonds » selon Nalo. Mais en fin de carrière, le dispositif peut prendre tout son sens : l’argent sera bloqué peu de temps, et la baisse du TMI après la retraite « permettra de bénéficier réellement de la déduction fiscale obtenue à l’entrée ».

La question des frais

Enfin, le dispositif est coûteux. L’offre existante prévoit souvent des frais spécifiques : d’entrée, pouvant dépasser les 2%, frais de gestion souvent proches de 1%, frais d’arbitrage etc. liste Nalo. Mais les frais des fonds sous-jacents comptent aussi : « les fonds actifs utilisés par la majorité des PER pour leur part d’unités de compte affichent notamment des frais pouvant dépasser les 2%. Soit un total de frais annuel proche de 3% ». Reste que quelques PER proposent des fonds indiciels à frais réduits, susceptibles de constituer une option intéressante.