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Gel de l’indexation des pensions, augmentation de l’âge de départ : les pistes présentées par le comité de suivi des retraites

L’instance a publié son avis sur les différentes marges de manœuvre employables pour réduire le déficit du système de retraite.

Habituellement, le Comité de suivi des retraites (CSR) publie son avis en juillet, pour que ses recommandations soient éventuellement intégrées dans le projet de loi de financement de la Sécurité social (PLFSS), et appliquées l’année d’après. Mais cette année, le rapport a été rendu public en décembre, en raison de la crise sanitaire. Ce qui en fait un document « d’une nature très particulière », selon le comité, car les « éventuelles recommandations ne pourraient donc viser qu’à une mise en œuvre dans le PLFSS 2022 ». 

Un déficit « inéluctable » pour 2020 

L’instance indépendante choisit cette année de « baliser les pistes disponibles pour tenir compte des effets de la crise et traiter des problèmes plus structurels auquel le système de retraite reste confronté ». Le problème essentiel étant le déficit, estimé à 23,4 milliards d’euros pour l’année 2020 par le Comité d’orientation des retraites. Celui-ci est « inéluctable » pour cette année, mais aussi « sans doute » pour 2021, si l’on en croit le CSR. 

« Le comité est donc évidemment amené à alerter sur cette situation de déficit, mais avec un message à différencier selon l’horizon de décision », indique l’avis. Il donne donc plusieurs pistes à explorer selon que l’on réfléchisse à moyen ou long terme. Parmi ces « leviers activables », on trouve l’âge de départ, une des priorités mises en avant dans le rapport. Aujourd’hui fixé à 62 ans, il est donné à 64 ans en 2040. Le CSR préconise aussi une « remontée de l’âge moyen de liquidation », considéré comme « une marge de manœuvre exploitable ». 

Ce relèvement de l’âge de départ n’aurait pas d’incidence sur la durée totale de la retraite, en raison de l’allongement de l’espérance de vie. Cette mesure serait à revoir si cette dernière venait à baisser de façon importante. Cependant, l’âge de départ n’est pas suffisant pour « rétablir à lui seul l’équilibre financier du système », estime le CSR. 

« Grande incertitude » 

L’étude veut également mettre en avant la modulation du niveau d’indexation des pensions de retraite. Cette action vise à établir « un partage parallèle des conséquences de la crise entre actifs et retraités », du fait que les retraités ont en moyenne un niveau de vie élevé. En revanche, le comité préconise de limiter l’impact de cette mesure pour les retraités plus précaires. Les pensions pourraient ainsi être gelées pendant un certain temps ou augmenter de façon moins rapide. 

Le CSR évoque la « grande incertitude qui entoure ces projections », face à une crise sanitaire qui n’est pas encore derrière nous, et dont on ne connaît pas encore l’impact économique à long terme. « Un suivi attentif des niveaux de vie moyen des actifs et des retraités va ainsi être nécessaire au cours des années à venir », conclut l’avis.