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Les retraites pèsent lourd dans la dépense publique en France

La dépense publique a augmenté de 3,9 points de PIB en France entre 2001 et 2019. Les deux tiers de cette hausse sont dus aux montants dédiés aux retraites.

©iStockPhoto

Les dépenses publiques sont restées quasi stables dans la zone euro en vingt ans. Cependant, en France, elles ont bondi à 55,6% en 2019, contre une moyenne de 47% dans la zone euro, selon le site spécialisé dans les finances publiques Fipeco, qui publie un rapport jeudi 4 mars. Elles se situaient à 51,7 % du PIB en 2001, soit une hausse de 3,9 points. Ce sont les retraites qui pèsent le plus dans les dépenses publiques françaises : l’écart entre l’Hexagone est la zone euro est le plus important pour les dépenses de retraite, soit 2,2 points de PIB (14,6%). De plus, « les dépenses affectées à la santé, aux familles, aux chômeurs, au logement et à la lutte contre l’exclusion sociale sont également plus élevées en France. L’écart est de 4,9 points pour l’ensemble des dépenses de protection sociale », précise la note rédigée par François Ecalle, président de Fipeco.

Cette augmentation des dépenses de protection sociale est donc principalement due aux retraites. Elle s’explique, selon l’auteur, en partie par le caractère obligatoire « et monopolistique » des régimes Agirc-Arrco. « Dans les autres pays, ces régimes complémentaires sont souvent des fonds de pension et font souvent l’objet d’un choix, au niveau de la branche ou de l’entreprise, et ils sont donc classés en dehors du champ des administrations publiques », précise François Ecalle. Le niveau des retraites au regard du revenu des actifs explique aussi l’écart entre les dépenses de la France et celles de la zone euro, ainsi que le nombre relativement élevé de retraités « en raison d’un âge précoce de départ en retraite et d’une espérance de vie élevée à cet âge en France ».

Agir sur plusieurs postes pour réduire les dépenses

Si le poste des retraites est le plus important parmi les dépenses publiques tricolores, « le tableau comparatif avec nos voisins montre que nous dépensons plus dans quasi tous les postes », précise aux Echos l’ancien magistrat de la Cour des comptes. « Il faudra donc agir sur plusieurs leviers, ce qui rend l’exercice très difficile », ajoute-t-il.