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Pour préparer votre retraite, ne passez pas à côté de ces 5 placements !

Pour se constituer un complément de revenu intéressant lors de la retraite, certains placements ou dispositifs sont plus judicieux que d’autres. Mieux Vivre Votre Argent fait le point.

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Comment vous constituer une épargne complémentaire pour vos vieux jours ? Alors que la réforme des retraites a tout du serpent de mer et son issue reste incertaine, tant à cause du calendrier politique que du Covid, la prudence est de mise pour ne pas trop perdre de plumes lors de la cessation de son activité professionnelle. Tour d’horizon des placements les plus indiqués pour faire fructifier votre argent au long terme et garder votre pouvoir d’achat.

1-L’assurance vie

On ne présente plus l’assurance vie. Ce « couteau suisse » de la gestion de patrimoine permet à la fois de se constituer un matelas financier immédiatement disponible, de transmettre son patrimoine, d’aider un proche et, bien sûr, de préparer sa retraite. Mais si les populaires fonds en euros faisaient recette il y a quelques années, ce n’est plus le cas aujourd’hui : les taux servis sont attendus autour de 1,10 à 1,20 % en 2020. Rien n’est perdu pour l’assurance vie, produit sûr dont le capital est garanti et dont « l’effet cliquet » permet de conserver définitivement les intérêts crédités sur son contrat.

Reste que pour dégager de la performance, il faut désormais se tourner vers les unités de compte (UC), qui contrairement aux fonds euros, sont risquées. Ce qui tombe bien, celles-ci sont pléthoriques : immobilier, produits structurés, infrastructures, actions ou même fonds indiciels (ETF)… Une bonne allocation permet d’aller chercher le meilleur de chaque classe d’actif. Ces dernières années, la part des UC dans les contrats d’assurance a progressé. Elle s’est établie à 34 % en 2020 selon la Fédération française de l’assurance (FFA).

A noter qu’il vous est possible de déléguer à un intermédiaire, assureur ou gestionnaire de patrimoine, tout ou partie de la gestion de votre contrat – soit en gestion conseillée ou en gestion pilotée. C’est lui qui se chargera des arbitrages à effectuer en fonction des opportunités du moment. Comme aller du plus risqué au moins risqué, selon le profil et l’âge. Une option qu’il vous faudra prendre en compte dans les frais.

2-Le PER

Il ne saurait être question de placement sur le long terme sans aborder le Plan d’épargne retraite (PER), successeur du Perp ou du Madelin dans sa version individuelle (Perin), et du Perco et de l’article 83 lorsqu’il est souscrit collectivement (PERECO et PER d’entreprise obligatoire). Instauré par la loi Pacte de 2019, le Perin peut être souscrit sous forme de compte-titres bancaire, par exemple, ou sous forme assurantielle auprès d’une compagnie d’assurance ou d’une mutuelle. Bien que tout récent, cet outil de retraite supplémentaire a déjà séduit de nombreux épargnants. Le Perin totalise près de 1,24 million de souscripteurs, tandis que quelque 1,15 million de salariés sont titulaires d’un contrat collectif.

Le Perin a pour particularité d’être plus flexible que ses prédécesseurs. Il offre notamment une sortie à échéance aux choix : en rente viagère ou en capital. Autre faculté : la déduction fiscale ou non des versements, en pratique plutôt conseillée aux particuliers ayant des revenus importants. Enfin, il bénéficie de plusieurs possibilités de déblocage anticipé avant terme. Par exemple, l’acquisition d’une résidence principale, ce que ne permettait ni le Perp ni le Madelin. Mais attention, seuls les versements libres y donnent droit, pas les versements obligatoires d’un PER d’entreprise obligatoire !

Souscrit par défaut en gestion pilotée, il s’adapte au vieillissement de son titulaire : plus l’âge de départ à la retraite est lointain, plus les choix d’investissements en UC seront risqués et à mesure que l’échéance arrive, une rebascule est opérée vers la sécurité d’un fonds en euros. A noter qu’il est possible de transférer son assurance vie vers un PER. Celui-ci ne peut toutefois avoir lieu plus de cinq ans avant le départ en retraite, et pas après le 1er janvier 2023.

3-Les SCPI

De par ses spécificités, la pierre-papier satisfera les épargnants en quête d’épargne longue. Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) s’avèrent constituer un excellent complément de retraite, qu’elles soient souscrites en direct ou dans les UC des contrats d’assurance vie, par exemple. Ce placement adossé à la pierre dans toutes ses déclinaisons (bureaux, commerces, immobilier d’habitation, résidences services, etc.) est depuis quelques années tourné vers l’international pour profiter de meilleures rentabilités.

D’une durée recommandée de détention de dix à quinze ans minimum, elles sont parvenues à déjouer la crise l’an passé, délivrant un taux de distribution sur valeur de marché (TDVM) moyen de près de 4,20 %. Répétons-le, ce n’est pas un gage de rempart définitif contre les aléas de l’économie, mais cela démontre en tout cas une certaine résilience du placement.

Autre atout de ce véhicule : il est possible de profiter des conditions de crédit – encore très favorables – en jouant sur longue période sur « l’effet de levier ». Et ce, de manière à limiter son effort d’épargne en utilisant le moins possible ses liquidités et en passant par un prêt, amortissable ou in fine.

4-La location nue/meublée

L’immobilier en direct a aussi son lot d’avantages pour se procurer des revenus supplémentaires. En plus de bénéficier d’un patrimoine physique transmissible à ses proches, les loyers constituent une rente non négligeable, frais de gestion et d’entretien déduits. Il est possible de se tourner vers la location nue, ou encore de cumuler avec les avantages fiscaux de la location meublée (à titre professionnel ou non, voir les avantages et inconvénients de chaque régime ici). Attention, la distinction entre location meublée non professionnelle (LMNP) et location meublée professionnelle (LMP) est parfois fine, depuis une récente décision du Conseil constitutionnel.

Avantages de la location nue : un turnover de locataires moins important (bail de trois ans contre un an pour le meublé), moins de formalisme qu’en meublé, pas de coûts pour le mobilier. Avantages du meublé : des loyers en moyenne plus élevés, le choix de la fiscalité selon le régime choisi (micro-BIC ou régime réel), des risques d’impayés locatifs mutualisés par le changement régulier de locataires. Mais dans les deux cas, n’attendez pas trop pour vous lancer ! En effet, il faut garder en tête qu’une fois la retraite venue, il pourra être délicat de gérer soi-même les biens.

La rentabilité de l’opération varie fortement selon la localisation du bien, mais en moyenne compter 4 à 6% en location nue, contre 5 à 8% en meublé.

5-Les actions

Pour le long terme, les chiffres sont indéniables : rien ne vaut les actions ! Sur la décennie 2010-2020, leurs rendements réels annualisés sont ressortis à plus de 7,5 %, contre 3,5 % pour les obligations. Et sur quarante ans, entre 1979 et 2019, on atteint même plus de 13 % de taux de rendement interne selon l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF).

Or si la crise du Covid-19 a vu arriver de nouveaux investisseurs en Bourse, les Français restent encore particulièrement réfractaires au risque. Mais pourtant, et l’AMF le confirme, depuis 1950, l’évolution de la Bourse de Paris montre que « plus la durée du placement est longue, moins les pertes sont fréquentes ». Sur les marchés financiers, le temps est donc un allié pour les épargnants qui sont les moins pressés, et peuvent ainsi lisser le risque et donc les pertes.

Certains véhicules offrent un compromis acceptable aux plus réticents en diluant le risque. Par exemple, lorsque les actions sont adossées à un fonds en euros en assurance vie, ou dans un PER, ou encore dans la poche financière d’un organisme de placement collectif immobilier (OPCI).