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Retraite : les départs anticipés sont de moins en moins nombreux

Les travailleurs qui demandent à bénéficier du dispositif « carrière longue » se font plus rares qu’auparavant. Si aucune autre réforme ne prend le relais, les caisses de retraites réaliseront d’importantes économies, mais certains actifs ont des métiers plus pénibles que d’autres.

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Crédit: iStock.

Alors que la concertation sur les retraites doit reprendre à la rentrée, le dispositif dit « carrière longue » est de moins en moins sollicité. Lancé en 2012, il permet aux travailleurs méritants, le plus souvent des ouvriers ou des employés modestes ayant commencé à travailler jeunes, et qui ont cotisé suffisamment, de partir à la retraite à 60 ans. Sans ce dispositif, ils devraient travailler jusqu’à 62 ans sans pouvoir majorer leur retraite au titre de la durée d’assurance, rappellent Les Echos. Au nombre de 180.000 en 2017 dans le secteur privé, exception faite des libéraux, des exploitants agricoles et des régimes spéciaux, les bénéficiaires sont désormais quelque 40.000 par an.

Une érosion bien partie pour durer puisque la Commission des comptes de la Sécurité sociale estime que cette proportion va chuter à 5% dès la génération 1973, contre 25% des départs à la retraite aujourd’hui. Alors que le 12 juillet dernier Emmanuel Macron a réaffirmé qu’« il faudra travailler plus longtemps et partir à la retraite plus tard », la question de la pénibilité pourrait être un point important des négociations à venir. A moins qu’un assouplissement des conditions d’accès aux carrières longues ne soit décidé. Le dispositif a déjà été élargi à plusieurs reprises.

De 5,9 milliards d’euros à 500 millions

Mais, parallèlement, la réduction des départs anticipés pour carrière longue était aussi prévue dans la réforme de 2014. Comme l’augmentation du nombre d’annuités pour bénéficier d’une retraite complète.

Faute d’une mesure permettant à certains actifs de faire valoir leur droit à la retraite avant d’avoir atteint l’âge légal, le régime général et les régimes alignés de base et complémentaires réaliseront des économies. Le dispositif « carrière longue » leur a coûté 5,9 milliards d’euros en 2019. Soit 4,6 milliards de pensions versées et 1,3 milliard de cotisations évitées. Mais dès 2035, ce coût pourrait tomber à 500 millions d’euros par an.