Se connecter S’abonner

Tour d’Europe des réformes des retraites

Comme la France, de nombreux pays européens souhaitent réformer leurs systèmes de retraite, comme la Suède, l’Italie et la Belgique.

Crédit : iStock.

Le sujet revient sur la table, alors que la pandémie de Covid-19 ralentit en France : la réforme des retraites. Les syndicats s’y opposent fermement, mais l’exécutif réfléchirait à un texte avant l’échéance de l’élection présidentielle de 2022. Le président de la République, Emmanuel Macron, souhaiterait augmenter la retraite minimale et s’attaquer aux régimes spéciaux, selon Les Echos le 8 septembre. Et d’autres pays européens devraient faire de même. En effet, la population vieillit sur le Vieux continent : il y aura 48 millions de travailleurs de 20 à 64 ans en moins dans l’Union européenne d’ici à 2070. Selon un rapport de la Commission européenne publié au mois de mai, ils étaient 265 millions en 2019, ils ne seront plus que 217 millions. Pour une personne âgée de plus de 65 ans, il y a trois personnes en âge de travailler actuellement. Il y en aura 1,8 seulement en 2070, précisent encore nos confrères.

Ainsi, la Suède devrait aussi déclencher une nouvelle réforme des retraites avant l’échéance des élections législatives de 2022. En 1994, le pays avait négocié un régime universel, mais il est désormais insuffisant et jugé injuste pour les bas salaires et les carrières non linéaires. Il est accusé de ne pas avoir réduit la pauvreté des personnes les plus âgées. Actuellement, la cotisation est, au total, de 18,5%, avec un plafonnement de 48.500 euros par an. L’employeur prend en charge un peu plus de la moitié et 16% financent le régime universel (qui prend en compte aussi les périodes de chômage ou encore les congés parentaux et les arrêts maladie), le reste étant placé sur un compte individuel de capitalisation, explique le quotidien. Quand un Suédois part à la retraite, le montant qu’il a accumulé sur le compte du régime universel est divisé par le nombre d’années restant avant sa mort, calculé selon l’espérance de vie moyenne. La pension ainsi estimée lui est versée mensuellement. L’âge de départ à la retraite est fixé à 65 ans pour un taux plein. 

Un nouveau système généreux en Belgique ?

Chez nos voisins belges, les retraites font aussi beaucoup parler d’elles depuis la rentrée. Une nouvelle réforme a été présentée et elle est plutôt généreuse, selon Les Echos. Il s’agit, au contraire des autres pays, d’assouplir les conditions d’un départ anticipé à 60 ans. Actuellement, les Belges doivent cumuler 44 ans de carrière, seuil abaissé de deux ans dans la réforme. Le texte prévoit aussi un nouveau calcul des retraites des femmes en prenant en compte le travail à temps partiel, pour combler l’écart avec les hommes. Pour ceux qui veulent travailler au-delà de l’âge légal de 65 ans en Belgique, des incitations seraient données et les pensionnés pourraient continuer à travailler à mi-temps ou à 20%. Enfin, une retraite mensuelle minimum de 1.500 euros devrait être appliquée à partir de 2024, sous certaines conditions.

L’Espagne est aussi en pleine réflexion. Un projet de réforme doit être débattu cet automne au parlement pour inciter les salariés à retarder leur départ à la retraite. Et pour les convaincre, plusieurs bénéfices sont proposés à ceux qui partent au-delà de 66 ans aujourd’hui et de 67 ans d’ici à 2027. A contrario, des pénalités seraient appliquées à ceux qui voudraient partir plus tôt

Du côté de l’Italie, une réforme mise en place en 2018 ne sera pas reconduite après sa période d’essai. C’est le gouvernement M5S-Ligue qui avait lancé cette règle du « quota 100 » : avec l’âge et l’ancienneté professionnelle, le départ à la retraite anticipé était possible si le total des points arrivait à 100, soit un départ à 62 ans minimum et de 38 ans de cotisations. L’âge légal de départ à la retraite dans le pays est normalement fixé à 67 ans pour les hommes et à 66 ans et 7 mois pour les femmes depuis 2011 et il s’agit d’un système par répartition, qui devrait donc reprendre sa forme initiale à la fin de l’année. Avant l’épidémie de Covid-19, l’Italie était le pays développé avec le plus haut taux de dépenses pour les retraites, soit 16,6% du PIB en 2019, au détriment des investissements pour l’éducation, la formation ou encore les infrastructures, selon l’OCDE

L’exemple des Pays-Bas

Tous les regards se tournent vers les Pays-bas, Etat qui aurait trouvé la meilleure solution. L’âge de départ à la retraite des Néerlandais est fixé en fonction de l’espérance de vie. Un retraité vivant seul peut partir à la retraite à 66 et quatre mois et toucher 1.266 euros net, sans condition de ressources et même s’il n’a jamais cotisé. A cette somme s’ajoute 70% de son dernier salaire et ceux qui ont cotisé à une épargne-retraite touchent un complément. La réforme, soutenue par la majorité des Néerlandais et des partis politiques, prendra effet en 2026, et le montant va varier en fonction du rendement des fonds de pension. Ainsi, le revenu changera en fonction de la croissance ou de la crise économique.