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Retraite : les trois scénarios de la réforme

Emmanuel Macron souhaite échafauder une réforme des retraites avant l’élection présidentielle de 2022. Plusieurs scénarios devraient être proposés au président de la République.

retraite
Crédit : iStock.

Il l’a rappelé le 12 juillet dernier : Emmanuel Macron souhaite réformer le régime des retraites en France. Le président de la République a parlé de « travailler  plus », de supprimer les régimes spéciaux et d’élaborer un minimum de pensions. L’âge légal de départ pourrait être reporté à 64 ans et le montant de la pension minimum revalorisé, à plus de « 1.000 euros ». Pour réformer le système, Les Echos écrivent le 7 octobre trois scénarios. Le premier consiste à élaborer des textes réglementaires d’ici à Noël pour mettre en place la suppression des régimes spéciaux pour les nouveaux employés, et les départs anticipés à la retraite. Ils pourraient aussi fixer le minimum de retraite à 1.000 euros pour les salariés ayant perçu le smic pendant toute leur carrière.

Ce premier scénario comprend plusieurs inconvénients, notamment son caractère précipité, qui ne permettrait pas d’aborder les choses en profondeur. Le statut des salariés des régimes spéciaux ne changerait pas, notamment au sein des industries gazières et électriques, précisent nos confrères. De plus, le passage de ces textes pourrait provoquer des grèves, à la RATP notamment. Concernant le montant minimum des pensions, il faudrait passer par la loi pour l’imposer de manière durable.

Inscrire les changements au PFLSS

Le deuxième scénario de réforme du régime des retraites est d’utiliser le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour y glisser ce minimum contributif, qui se superposerait aux pensions de base et aux pensions complémentaires. Une source ministérielle précise au quotidien que le texte permettrait de « tout faire : l’âge, la  fermeture des régimes spéciaux pour les nouveaux entrants et leur affiliation au régime général ». Le blocage serait, cette fois-ci, d’ordre politique : les députés de la majorité LREM voudraient bien voter le minimum contributif de 1.000 euros, mais pas les autres mesures, trop impopulaires à l’approche de la présidentielle. De plus, l’échéance est brève, la semaine du 18 octobre, quand le PLFSS sera en première lecture à l’Assemblée nationale.

Le troisième scénario est plus ambitieux : une loi complète, rédigée et éventuellement présentée en Conseil des ministres. « L’élection présidentielle aura un caractère référendaire sur ce projet », estime Stanislas Guerini, délégué général de LREM. Cette loi permettrait au gouvernement de reprendre les idées du système universel des retraites et les droits seraient comptabilisés en euros, plutôt qu’en points. Cette réforme serait plus longue, le système ne s’appliquant qu’aux nouveaux entrants. Le régime général et l’Agirc-Arrco n’en feraient partie qu’au bout d’un certain temps. Il s’agirait donc d’un projet de loi ad hoc selon Les Echos, et un PLFSS serait présenté pour des rectifications budgétaires.

Cette troisième solution aurait peu de chances d’aboutir, selon le quotidien, car le gouvernement ne pourra donner des précisions sur la pénibilité et les départs anticipés, s’agissant d’un système universel. De plus, tous les partenaires sociaux, syndicats de travailleurs comme patronaux, ont indiqué ne pas vouloir de concertation avant l’élection de 2022, ce qui bloquerait donc tout changement avant le printemps prochain.