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Retraites : le COR émet des prévisions de productivité moins optimistes

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a sondé des économistes et ses prévisions de productivité du travail sont revues à la baisse. C’est ce qui détermine la pérennité du système.

Retraités
Crédit : iStock.

Un nouveau scénario, plus pessimiste, est attendu en 2022 concernant les projections économiques du système de retraite. En effet, le Conseil d’orientation des retraites (COR) doit revoir à la baisse ses prévisions de productivité du travail, après avoir interrogé des économistes entre février et mai dernier. Le « ralentissement » de cette productivité serait « plus marqué » et elle est évaluée à 0,7% selon Les Echos le 29 novembre. La fourchette haute est à 1,6%, une estimation plus basse que prévu. Il y a quatre ans, le COR avait déjà revu ses prévisions à la baisse. Cette fois-ci, il suit des scénarios plus pessimistes, la France rejoignant ses voisins européens, c’est-à-dire l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne, qui ont fixé la productivité autour de 1%.

La productivité du travail est le facteur qui détermine la santé financière du système des retraites. Le montant des futures pensions est calculé à long terme (10 à 15 ans) et cette productivité est prise en compte. Si elle est élevée, les pensions flanchent. En effet, elles ne sont pas indexées sur le travail mais sur l’inflation, précisent nos confrères. Ainsi, les déficits des régimes de retraite se réduisent. Le débat sur la réforme des retraites porte sur cette surdétermination de la productivité, qui aurait pris fin avec le système universel de retraite voulu par le président de la République, Emmanuel Macron. Dans ce scénario, les pensions auraient été réindexées sur les salaires.

Désindexation des pensions sur l’inflation

La désindexation des pensions sur l’inflation réduirait la part des dépenses de retraite dans le PIB de 3,5 à 5,5 points d’ici à 2070. Le COR évalue cette réduction entre 2,4 et 2,8 points avec les réformes des retraites depuis 1993, qui ne prenaient pas en compte cette désindexation des pensions sur l’inflation.

Le COR a aussi interrogé les économistes sur les prévisions du taux de chômage : il serait à hauteur de 7% sur le long terme, relève le quotidien économique. Certains d’entre eux évoquaient plutôt un taux de 8%, voire de 9%. Les économistes ont aussi émis leur avis sur les progrès techniques actuels, qui n’auraient profité qu’à certains secteurs, comme l’informatique, la finance et le commerce. A contrario, les optimistes évoquent l’intelligence artificielle, la robotique et l’énergie pouvant s’étendre à d’autres secteurs.