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Retraite : trois milliards d’euros non versés aux contractuels de la fonction publique

Ce sont plus de trois milliards d’euros qui ne sont pas versés aux retraités de la fonction publique. Près d’une personne sur trois qui a été contractuelle une partie de sa vie oublie de demander sa pension de retraite à l’Ircantec.

retraite
Crédit: iStock.

Des jobs d’été dans une collectivité dans sa jeunesse, un CDD dans le public avant de faire carrière dans le privé… Ça paraît peu dans une vie, mais ça peut compter pour sa retraite. Un actif sur trois en France a acquis des droits à l’Ircantec, la retraite complémentaire des contractuels des fonctions publiques d’État, hospitalière et territoriale, au cours de sa carrière. Et selon la Caisse des dépôts, qui gère ce régime, « fin septembre 2021, une personne sur trois née entre 1947 et 1952 et ayant acquis des droits retraite à l’Ircantec ne les avait pas faits valoir ». 

Mine de rien, en moyenne, cela représente 200 euros brut par an, soit 3,3 milliards d’euros, qui n’ont pas été versés à ces contractuels, car ils n’en ont pas fait la demande au moment de leur départ. Les raisons sont toutes bêtes : le sentiment d’avoir accumulé peu de droits dans ce régime, parfois sans le savoir aussi ou même sans s’en rappeler.

Un complément de retraite moins négligé

« En 2020, les nouveaux retraités de droit direct y ont cotisé en moyenne cinq ans et six mois », précise la Caisse des dépôts dans son enquête reprise par Capital. Evidemment, plus on a cotisé, moins on oublie de faire valoir ses droits. « 52 % des comptes de moins de 50 points (soit le versement unique de 250 euros maximum) ne sont pas liquidés, alors que seulement 5 % des comptes de plus de 3.000 points (soit une pension annuelle de 1.460 euros minimum) n’ont pas fait l’objet d’une demande de retraite », détaille l’organisme mi-décembre.

Néanmoins, le taux de non-recours diminue depuis l’envoi du relevé de situation tous les cinq ans et la mise en place de la demande unique de retraite pour l’ensemble des régimes. Ainsi, plus de 47 % des affiliés de la génération 1940 n’avaient pas liquidé leurs droits, pour la génération 1953, c’est passé à 23 %. Même mieux informés, les futurs retraités auront toutefois les démarches administratives à effectuer et la Caisse des dépôts a pleinement conscience que certains assurés ne les feront pas « s’il faut apporter des justificatifs pour récupérer uniquement 20 ou 30 euros de capital unique ».