Se connecter S’abonner

Macron veut reporter l’âge de la retraite à 65 ans

En partant à la retraite à 65 ans, les économies seraient plus importantes. Celles-ci offriraient une plus grande marge de manœuvre financière afin de en place des mesures compensatoires. Ou même une vraie réforme des temps de vie, laquelle se chiffrerait en milliards d’euros.

retraite

Un an de plus. Alors que la réforme des retraites, abandonnée en mars 2020 en raison de la crise du Covid-19, prévoyait un départ à la retraite à 64 ans, Emmanuel Macron envisagerait désormais de faire partir les salariés en retraite à l’âge de 65 ans. C’est en tout cas ce que ressort du discours de plusieurs sources concordantes et proches du dossier, révèle Les Echos. Pour cette élection présidentielle de 2022, le président-candidat souhaite mettre en place une réforme plus facile à actionner. De plus, il espère que celle-ci permettra de réaliser assez rapidement des économies. Adieu points et transitions compliquées de tous les régimes vers le régime universel et l’âge pivot.

Travailler plus, partir à la retraite plus tard

Comme l’a expliqué le candidat Macron en décembre dernier devant les téléspectateurs, l’objectif est que les Français « travaillent plus longtemps ». Et ce, pour permettre de « préserver les pensions de nos retraités » mais aussi de « financer notre modèle social », avait-il déclaré. Un pari compliqué alors que les vannes des dépenses publiques ont été ouvertes durant la crise sanitaire et qu’il a fallu continuer de piocher pour pouvoir pallier le scandale Orpea ou anticiper le choc gazier provoqué par la guerre en Ukraine. Il faudra que le président donne des garanties à Bruxelles et aux marchés financiers, s’il veut continuer à soutenir tous ces pans de l’économie française.

Mais ce n’est pas en un quinquennat que l’on passera à l’âge minimum à 65 ans. Comment alors ? Selon plusieurs sources, relayées par nos confrères, cela prendrait la forme de quatre mois cotisés supplémentaires pour chaque génération. Soit neuf ans de transition. Il faudra attendre 2032 pour que soit achevée la réforme, à condition qu’elle entre en vigueur en 2023. « Cela veut dire que l’âge légal dépassera l’âge moyen du taux plein. Donc l’effet ne se fera pas sentir seulement pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, mais aussi pour le salarié moyen », estime Frédéric Sève, le négociateur retraite de la CFDT. Il s’oppose à un décalage de l’âge d’ouverture des droits. Hors catégories actives et autres départs anticipés, l’âge moyen du taux plein devrait en effet rapidement atteindre 64 ans.

Pour le syndicaliste, une telle réforme reviendrait à « accélérer le calendrier Touraine ». Celui-ci doit porter à 43 annuités la durée de cotisation requise pour le taux plein, à partir de la génération née en 1973. Si ces personnes sont entrées dans la vie active à l’âge moyen de 22 ans, elles ne pourront quoi qu’il arrive partir qu’à 65 ans si elles veulent toucher le taux plein du fait de la réforme Touraine. En clair, ceux qui sont nés dans les années 1960 et au début de la décennie 1970 auraient pu partir plus tôt. Mais avec la réforme Macron, ils subiront un sérieux revers.

Des économies plus importantes

Plusieurs options ont été envisagées ces dernières semaines. Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR) et le gouvernement, il faudrait, a minima, que l’âge de départ à la retraite soit décalé de deux ans afin d’équilibrer les comptes déficitaires du régime des retraites. Pour rappel, celui-ci avoisine 10 milliards d’euros par an jusqu’en 2030. Avec un âge de départ à la retraite, on espère des économies brutes proches de 14 milliards d’euros par an. Soit un montant équivalent à ce qu’a rapporté le décalage de 60 à 62 ans de l’âge minimum en 2020. Mais après y avoir retranché les nouvelles prestations sociales induites par le décalage de deux ans, la COR a évalué à un tiers le nombre d’économies évaporées à la suite du passage à 62 ans.

En partant à la retraite à 65 ans, les économies seraient plus importantes. Celles-ci offriraient une plus grande marge de manoeuvre financière afin de mettre en place des mesures compensatoires. Ou même une vraie réforme des temps de vie, laquelle se chiffrerait en milliards d’euros. Emmanuel Macron avait également évoqué la retraite minimale à 1.000 euros. Tout en observant au cas par cas les situations des travailleurs qui pourraient voir ces délais raccourcis pour plusieurs motifs (carrières longues, personnes en invalidité ou souffrant d’usure professionnelle).