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Retraite : les Français sont divisés sur l’âge légal de départ

Trois blocs se distinguent politiquement. Dans le premier, on retrouve les personnes favorables au recul de l’âge de départ à la retraite.

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Crédit : iStock.

Et si l’âge légal de départ à la retraite passait de 62 à 65 ans ? Les Français de tous bords politiques restent divisés sur la question. Y compris les partisans du président-candidat. C’est en tout cas ce que met en exergue un sondage Elabe pour Les Echos, Radio classique et l’institut Montaigne, publié jeudi 31 mars 2022. « La moitié seulement de ceux qui déclarent vouloir voter pour Emmanuel Macron le suit. S’il est réélu, ce n’est pas gagné, il n’y a pas unanimité », précise Vincent Thibault, directeur d’études d’Elabe. Selon lui, pour comprendre cet état de fait, il faut se rappeler le « quoi qu’il en coûte ». En fait, pour les Français, on a réussi à trouver de nombreux milliards durant la pandémie. Et ils estiment qu’il serait possible de reproduire le même schéma pour les retraites.

Et, si les Français restent pessimistes sur la viabilité financière du système des retraites, ils le sont moins qu’avant. Aujourd’hui, 51% partagent cet avis. C’est six points de moins qu’en juillet dernier. Un recul perçu dans toutes les catégories sociales de la population. Et dans pareil contexte, la question du recul de l’âge légal divise. Pour 48% des sondés, il faut le maintenir à 62 ans. Le reste des interrogés se positionnent en faveur de son abaissement (29%), ou de son augmentation (22%).

Deux tiers des Français favorables à une hausse des impôts ou des taxes des plus aisés pour financer les retraites

Selon les intentions de vote au premier tour, trois blocs se distinguent politiquement. Dans le premier, on retrouvent les personnes favorables au recul de l’âge de départ à la retraite, à savoir les partisans de Valérie Pécresse (54 % pour, 40 % maintien), et ceux d’Emmanuel Macron, mais de façon moins significative (45 % versus 43 %). Dans un autre bloc, on retrouve les électeurs de Marine Le Pen et ceux d’Eric Zemmour. Ils souhaitent d’abord le maintenir (56 % et 45 % respectivement). Ensuite, ils voudraient l’abaisser (36 % et 20 %). Le candidat Reconquête milite pourtant en faveur du passage à 64 ans. Enfin, dans le troisième bloc on retrouve les troupes de Jean-Luc Mélenchon. Une courte majorité de ses électeurs se prononcent pour l’abaissement (49 %, contre 46 % pour le maintien), alors que le candidat de France insoumise défend le retour à 60 ans.

« Dans une campagne où les Français ont l’impression qu’on ne parle de rien, seules les questions du pouvoir d’achat et de l’âge légal du départ à la retraite font exception », argumente Vincent Thibault. Et si le deuxième sujet n’a pas été éludé de la campagne, Emmanuel Macron va devoir redoubler ses appels de phare auprès des électeurs LR afin d’en convaincre encore davantage à voter pour lui, dans la perspective d’un second tour. Dans la même logique, Marine Le Pen, elle, pourra compter sur sa proximité relative avec les Insoumis.

S’il est réélu, Emmanuel Macron sera bien embêté pour convaincre face à deux tiers des Français favorables à une hausse des impôts ou des taxes pour les plus aisés pour financer les retraites.