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La retraite des femmes reste inférieure à celle des hommes

Les pensions de retraite des femmes sont inférieures de 40%, en moyenne, tous régimes confondus, en comparaison à celles des hommes.

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Crédit: iStock.

L’édition 2021 de « La retraite et les retraités » publiée par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a noté fin 2019, des pensions de retraite inférieures de 40%, en moyenne, pour les femmes, tous régimes confondus, en comparaison à celles des hommes. Cet écart semble se réduire au fil des années. En 2019, l’écart n’était que de 32% pour les assurés qui ont fait la demande de versement de leur retraite, indique Les Echos.

Les retraités du privé connaissent un écart plus marqué que ceux de la fonction publique. Selon l’Institut national d’études démographiques (Ined), les pensions des femmes représentent en moyenne 80% de celles des hommes dans le public.

Un tiers des femmes travaillent à temps partiel contre 8,4% des hommes

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Dans le secteur public, les carrières sont moins fragmentées que dans le privé. De plus, le mode de calcul des retraites pénalise moins les interruptions de carrière. En effet, les pensions des fonctionnaires sont calculées sur la base de leur « dernier » traitement indiciaire (celui perçu au cours des six derniers mois). Dans le calcul de la retraite, les primes des ont pas non plus comptabilisées. Et, elles sont plus fréquemment attribuées « dans les emplois à dominante masculine que féminine » précise l’Ined.

Dans le secteur privé, l’activité féminine se caractérise par une moindre participation au marché du travail et 61% des Françaises en âge de travailler ont un emploi. Le temps partiel est également un recours récurrent. Près d’un tiers des femmes travaillent à temps partiel contre seulement 8,4% des hommes.

Les inégalités de salaires sont également à mentionner. Les femmes perçoivent en moyenne une rémunération inférieure de 28,5% à celle des hommes. Plus de 40% résultent des inégalités de temps de travail. En équivalent temps plein, l’écart n’est « plus » que de 16,8%.

Un partage encore inégal des tâches domestiques et des soins aux enfants

Or, les inégalités de salaires proprement dites se réduisent plus vite que les écarts de volume de travail, rappelle l’Insee. Cela s’explique au regard du partage encore inégal des tâches domestiques et des soins aux enfants, les femmes ayant toujours un rôle prédominant. Cela limite leur temps disponible pour un travail rémunéré. Selon un rapport d’Oxfam publié en 2020, les Françaises assument 72% des tâches strictement ménagères et y consacrent 3 h 26 par jour.

En revanche, les écarts de niveau de vie entre les femmes et les hommes retraités sont moindres que les écarts de pension. À travers la mise en commun des ressources au sein des couples de retraités ou encore la pension de réversion versée aux femmes une fois celles-ci devenues veuves, on remarque que le niveau de vie des femmes retraitées est inférieur de 4,8% « seulement » à celui des hommes retraités.

Une autre donnée est à prendre en considération : l’évolution des comportements conjugaux (recul du mariage, montée en puissance du Pacs et du concubinage) et l’augmentation de la fréquence des divorces et des séparations. De plus en plus de femmes vont se retrouver seules au moment de leur retraite, sans pour autant être veuves. Elles ne pourront pas prétendre à une pension de réversion réservée aux couples mariés. Elles devront se retourner sur leurs droits personnels à retraite.