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Retraite : le bonus-malus de l’Agirc-Arrco ne convainc pas

La grande majorité des bénéficiaires du régime de l’Agirc-Arrco n’ont pas souhaité repousser leur départ à la retraite depuis l’instauration du nouveau système.

Retraite
Crédit : iStock.

Alors que le gouvernement prépare une réforme repoussant l’âge de la retraite, les chiffres montrent que les Français n’ont pas envie de travailler plus longtemps, quitte à y perdre sur le plan financier. Le ministère des Solidarités a en effet publié les résultats du système de bonus-malus proposé par l’Agirc-Arrco pour 2020. Pour la seconde année de sa mise en place, le dispositif est boudé, relèvent Les Échos, mardi 24 mai. Seule une minorité de salariés en fin de carrière a décidé de continuer à travailler pour éviter une décote sur ses premières années de retraite ou pour obtenir des revenus supplémentaires.

10% des départs à la retraite concernés

Issu d’un accord entre patronat et syndicats, ce système s’applique depuis 2019 aux salariés nés à compter de 1957 et bénéficiant d’une retraite de base à taux plein. Si ceux-ci décident de partir à l’âge légal de 62 ans, ils subissent une décote de 10% de leur retraite pendant trois ans. Rester quatre trimestres de plus permet d’éviter ce malus. Enfin, ceux qui acceptent de reporter leur départ de deux ans ou plus obtiennent un bonus d’au moins 10% pendant un an (+ 20% si report de trois ans, + 30% si report de quatre ans ou plus). Le système avait pour but de renflouer les comptes de l’Agirc-Arrco, mais aussi d’inciter à de nouvelles pratiques qui auraient pu se traduire au sein du régime général.

Or, selon les chiffres officiels, aucun de deux systèmes n’a emporté l’adhésion des bénéficiaires. Seuls 9% des 587.000 salariés du privé qui ont liquidé leur retraite en 2020 ont décidé de travailler un an de plus pour éviter la décote. Concernant une recherche de bonus, le chiffre est encore plus éloquent : seules 2.500 personnes ont décidé de travailler au moins deux ans de plus.

Plusieurs explications sont avancées pour expliquer cette absence d’intérêt, la plus simple étant un manque d’information des salariés. Il faut également préciser que 26% des bénéficiaires de ce régime n’étaient pas concernés par le malus, car celui-ci ne pouvait s’appliquer aux salariés subissant déjà une décote pour diverses raisons. Du côté du patronat, un représentant déplore auprès des Échos que l’idée d’une diminution plus sévère de 30% n’ait pas été acceptée par les partenaires sociaux. « La réalité, c’est que les gens veulent partir, et qu’en plus les entreprises les poussent dehors », rétorque un syndicaliste. Une version qui risque de mettre à mal l’argumentaire du gouvernement lors des prochaines négociations sur la réforme des retraites.