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Retraites : la réforme ou la dissolution

Les discussions et concertations entre politiques et partenaires sociaux devraient aboutir à Noël et ainsi lancer la réforme des retraites début 2023.

Retraites
Pixabay

C’est l’une de ces petites phrases qui devrait rester dans les annales. Lors d’un dîner en présence des figures importantes de sa majorité, mercredi 28 septembre, le chef de l’Etat a précisé les contours de son impopulaire réforme des retraites qui devrait intervenir en janvier 2023, révèle BFMTV. L’occasion pour le président de la République de réaffirmer sa détermination : « S’il y a une motion de censure qui est votée, je dissous tout de suite » l’Assemblée nationale, a-t-il prévenu. Petit changement, le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) ne devrait pas intégrer la réforme des retraites.

Du dialogue mais pas d’inflexion majeure sur le texte initial des retraites

Il reste encore environ trois mois aux politiques et aux partenaires sociaux pour trouver un accord. « On a fait le choix du dialogue et de la concertation », s’est justifiée la Première ministre Elisabeth Borne, au lendemain de ce dîner. Elle précise en outre son souhait d’une « entrée en vigueur de la réforme à l’été 2023 ». Faute de consensus à ce sujet, ce calendrier pourrait être chamboulé. « Si les concertations viraient au fiasco, on ne pourrait alors pas exclure un amendement au PLFSS », reconnaît une source très proche du dossier citée par nos confrères.

Cet arbitrage permet à Emmanuel Macron d’équilibrer les positions des mastodontes de la majorité. Mais la marge de manœuvre est relativement ténue. Certains aspects de la réforme comme la pénibilité ou les carrières longues seront probablement évoqués en vue de certains assouplissements, il ne serait pas question de changer le calendrier de l’âge de départ à la retraite. Ainsi, en 2031, les Français devraient ainsi prendre leur retraite à 65 ans, s’ils veulent percevoir une pension complète.

Mais le Président se heurtera à des oppositions bien décidées à empêcher le vote ou un passage en force. Du côté de la Nupes et du RN, on n’exclut pas le vote d’une motion de censure dans l’hypothèse de l’utilisation du 49.3. Pour rappel, une motion de censure doit récolter une majorité absolue des voix des députés (289 suffrages) pour être adoptée. Un vote qui serait donc impossible sans une participation de la Nupes, du RN et des Républicains.