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Retraites : le report de l’âge de départ, un choix gagnant ?

La réforme des retraites à venir ne prévoir pas un allongement de la durée de cotisation pour obtenir une pension à taux plein.

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Malgré un calendrier assoupli, la réforme des retraites devrait faire l’objet d’une loi « avant la fin de l’hiver » pour entrer en vigueur à l’été 2023, explique Les Echos. A compter de cette période, est prévu un « report progressif de l’âge de départ de 4 mois par an, aboutissant à 65 ans en 2031 », a expliqué Elisabeth Borne, la Première ministre à l’AFP, se faisant l’écho de propos probablement tenus par Emmanuel Macron, lors d’un dîner à l’Elysée mercredi.

Equilibre du système de retraites

Mais alors, pourquoi faire bouger l’âge de départ ? Cette mesure est celle qui a « l’efficacité budgétaire la plus forte », a plaidé le ministre du Travail, Olivier Dussopt jeudi, sur le plateau de LCI. Il n’a pas été en mesure de donner la somme attendue, esquissant vaguement la « ligne rouge absolue » comme l’équilibre du système de retraites. Mais en 2027, celui-ci pourrait être déficitaire de 12,5 milliards d’euros (et environ 20 milliards en 2032), d’après le Conseil d’orientation des retraites.

Pour le ministère de l’Economie, reculer l’âge de départ à la retraite de 4 mois par an, pour atteindre près de 64 ans en 2027 (63 ans et 8 mois), permettrait un gain de 0,9 point de PIB. Mais pas seulement. En reculant progressivement l’âge de départ, 240.000 emplois pourraient être créés, lesquels permettraient d’obtenir 15 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Car les cotisations augmentent de pair avec l’augmentation du nombre d’actifs. De plus, reporter l’âge de départ en retraite pourrait réduire les dépenses de 9 milliards d’ici à 2027, au regard du non-versement de certaines prestations.

A la fin du quinquennat, nos confrères estiment que les économies n’atteindraient pourtant que cinq milliards d’euros, en raison notamment de la revalorisation des pensions pour les personnes ayant effectué une carrière complète. Ce qui est sûr, c’est que la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein n’est pas à l’agenda du gouvernement. « Cela ne suffit pas à équilibrer », a déclaré Olivier Dussopt.