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Retraites : le report de l’âge légal de 62 à 64 ans voté par la droite au Sénat

Si le fond de ce texte portant sur les retraites ne dérange pas le gouvernement, la forme pourrait le hérisser quelque peu. Détails.

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crédit : iStock

Le Sénat est pressé et il le fait savoir. Samedi 12 novembre, il a ainsi voté un texte prévoyant de reporter l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Malgré la récurrence de ce procédé développé par la majorité de droite et du centre du Sénat, le gouvernement se retrouve hâté, alors qu’il souhaitait attendre 2023 pour présenter sa réforme des retraites, après concertations, rapporte TF1. Mais les sénateurs ont déjà planché sur une version.

Une réforme des retraites qui doit être acceptée « socialement et politiquement »

Ils souhaitent, dans un premier temps, échafauder une convention nationale, qui aura pour objectif de définir des mesures de retour à l’équilibre, incluant les critères de pénibilité, de carrières longues et d’emploi des seniors. Si cela n’aboutit pas, la réforme Touraine, qui prévoit un allongement des cotisations et un report de 62 à 64 ans à partir de la génération 1967, pourrait être accélérée. Si le président de la République n’a pas fermé la porte à cette option, il n’avait pas envisagé d’accélérer le processus. L’exécutif souhaite en effet conserver le dialogue, comme l’a rappelé Jean-Christophe Combe, le ministre des Solidarités, devant les sénateurs.

En votant ce texte, les sénateurs de droite réaffirment leur volonté d’agir vite, envoyant un message fort au gouvernement et à la droite siégeant à l’Assemblée nationale. « Nous avions besoin de ce message politique », a d’ailleurs admis Philippe Mouiller, sénateur LR, avant de notamment rappeler au gouvernement que la majorité qu’il détenait à l’Assemblée nationale n’était que relative. Enfin, 19 centristes se sont abstenus de voter le texte validé par 195 voix pour et 130 contre.

« Il faut que cette réforme soit acceptée socialement et politiquement », a averti Jean-Marie Vanlerenberghe (MoDem), l’ancien rapporteur général de la commission des affaires sociales. Pour la gauche, qui a voté contre, il s’agit d’une réforme « d’une injustice incroyable » pour ceux qui approchent de la retraite. Le RN, par la voix de Marine Le Pen, a fustigé dimanche « une manœuvre indigne » du Sénat « pour complaire à Emmanuel Macron ».