Se connecter S’abonner

Retraite : le report de l’âge légal à 65 ans privilégié

Emmanuel Macron aurait entériné le report de l’âge légal de la retraite à 65 ans dans le futur projet de réforme.

PER
Crédit: iStock.

Le sujet fait débat depuis l’élection présidentielle. Pourtant, le projet de réforme des retraites ne devrait être présenté par Élisabeth Borne que jeudi 15 décembre. L’occasion d’en connaître enfin les contours précis. Car depuis des mois, des doutes subsistent, en particulier sur l’âge légal retenu et les modalités de vote. Emmanuel Macron a alternativement évoqué un report de l’âge de départ à la retraite à 64 ans ou 65 ans. Mais la question aurait été tranchée mercredi 7 décembre, lors d’un dîner à l’Élysée rassemblant les ministres concernés et les poids lourds de la majorité au Parlement.

La retraite à 65 ans via le 49-3 ?

Selon les sources des Échos, c’est bien le cap des 65 ans qui a été retenu, au moins pour une première mouture. Cette approche « dure » ne présente pas de grands risques pour l’exécutif, la plupart des oppositions, syndicales comme politiques, étant opposées à tout allongement. De l’aveu d’un participant au dîner : « On poursuit la négociation avec les politiques et les syndicats pour voir ce qu’ils proposent et s’il faut atterrir sur le mix, on verra. » « Le chef de l’État veut partir sur le 65 ans, mais je ne le sens pas fermé si tout le monde fait un pas », confie également un ministre aux Échos.

Une concession à 64 ans permettrait-elle de grappiller les voix manquantes à la majorité ? Emmanuel Macron ne semble pas vouloir prendre ce risque. Selon les mêmes sources, le président aurait opté pour une réforme via l’amendement du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale rectificatif (PLFSSR). Évoquée puis mise de côté, cette technique permettrait à l’exécutif de ne pas « gâcher » un recours au « 49-3 ». Celui-ci ne peut en effet être utilisé qu’une fois pas session, hors-textes budgétaires. L’exécutif anticiperait donc la difficulté.

En attendant, les discussions se poursuivent avec les partenaires sociaux, dans l’espoir de trouver un consensus. Élisabeth Borne rencontrait jeudi 8 décembre Philippe Martinez (CGT), Laurent Berger (CFDT), François Hommeril (CFE-CGC) et Cyril Chabanier (CFTC). « On ne peut pas avoir un point d’atterrissage consensuel si on n’a pas de partenaires pour jouer, on verra s’il y a d’ici le 15 décembre des bougés chez les syndicats ou les politiques », précise un cadre de la majorité.