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Retraites : un calendrier différent pour les régimes spéciaux

Les quelques 300.000 cotisants des trois grands régimes spéciaux (SNCF, IEG et RATP) ne devraient pas ressentir immédiatement la prochaine réforme des retraites.

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Calendrier tendu pour l’exécutif. Alors que les grèves de train à la SNCF perturbent le week-end de Noël de nombreux Français, la réforme des retraites approche à grands pas. Selon l’agenda, les discussions autour de celle-ci seront entamées à compter du 10 janvier prochain. Cette réforme concernera également les agents de la SNCF, de la RATP, et des industries électriques et gazières (IEG). De quoi augurer d’une gronde sociale, explique Les Echos qui rappelle que l’exécutif souhaite reporter l’âge de la retraite de 62 à 64 voire 65 ans.

A l’exception des régimes spéciaux des marins, de l’Opéra de Paris et de la Comédie française, les autres ne pourront plus être proposés aux nouveaux entrants, comme le prévoyait la « clause du grand-père ». La SNCF l’a déjà abandonnée avec la réforme de 2018 . « C’est une mesure indispensable d’équité pour des règles dérogatoires qui ne sont plus justifiées aux yeux de nos concitoyens », a souligné le ministre du Travail, Olivier Dussopt à la mi-décembre.

La réforme des retraites de 2010 pas complètement appliquée chez les conducteurs de TGV

Mais la réforme ne logera pas pour autant les régimes spéciaux et le régime général à la même enseigne. Antérieurs à la Sécurité sociale, leurs âges de départs sont moins tardifs que ceux des autres régimes. A la RATP et dans les IEG, selon les catégories de personnels, les âges d’ouverture des droits s’échelonnent entre 52 et 62 ans . A la Société nationale des chemins de fer (SNCF), les agents de conduite partent à 52 ans. C’est 57 pour les autres.

Les quelques 300.000 cotisants des trois grands régimes spéciaux (SNCF, IEG et RATP) ne devraient pas ressentir immédiatement la prochaine réforme des retraites. En effet, l’une des précédentes réformes sur le thème, lancée par Nicolas Sarkozy, qui avait relevé de deux ans l’âge de départ à la retraite, a été mise en place avec un calendrier différent pour les régimes spéciaux. Ainsi, un conducteur de TGV part toujours à 51 ans et quatre mois aujourd’hui. Il faudra attendre 2024 pour que la réforme de 2010 soit appliquée.

Et il devrait en être de même pour cette nouvelle réforme, qui pourrait entrer en vigueur seulement en 2025 selon une source gouvernementale. Les entreprises concernées pourront ainsi ouvrir les négociations dans un contexte social tendu et où les secteurs de l’énergie et des transports rencontrent des difficultés. Parce que les syndicats sont bien décidés à faire entendre leur voix.  On refuse clairement la fin du régime spécial de retraite. « Il n’y aura pas de cadeau sur le sujet », avertit le secrétaire fédéral de la Fédération nationale des mines et de l’énergie, FNME-CGT, Claude Martin.