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Réforme des retraites : le scénario se précise

À la veille de la présentation de la réforme des retraites par Elisabeth Borne, l’horizon s’éclaircit pour l’exécutif. Précisions.

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crédit : iStock

Le gouvernement a visiblement bien fait de décaler de quelques semaines la présentation de sa réforme des retraites. A la veille du 10 janvier, date à laquelle Elisabeth Borne dévoilera le texte, l’horizon s’éclaircit enfin avec une potentielle alliance de la majorité relative et du groupe Les Républicains à l’Assemblée. En effet, le nouveau président du groupe de droite, Eric Ciotti, a expliqué à nos confrères du JDD souhaiter « pouvoir voter une réforme juste qui sauve notre système de retraite par répartition ». Selon lui, « la situation budgétaire, démographique et économique impose cette réforme ». 

« Il n’y a qu’une solution crédible et raisonnable : demander aux actifs actuels et futurs de travailler un peu plus sur la durée de la vie de travail », a poursuivi le député des Alpes-Maritimes qui estime qu’apporter son soutien à une réforme de cette envergure est une « question de cohérence et de responsabilité » pour une « droite de gouvernement ». Mais pour l’heure, le président de LR table sur un décalage de l’âge légal de départ en retraite à 63 ans en 2027 et 64 ans en 2032. D’ailleurs, c’est l’option d’un décalage à 64 ans, et non pas à 65 ans, qui aurait été retenue. « Le pays n’est pas prêt aux 65 ans », précise au journal un Marcheur fidèle.

La réforme des retraites contenue au PLFSSR

Mais certains points restent imprécis. Du côté du Modem, par la voix de François Bayrou, on plaide pour une « juste répartition des efforts ». De son côté, Aurore Bergé, la présidente du groupe des députés Renaissance rabâche aux oreilles d’Elisabeth Borne sa volonté d’accorder un montant de retraite équivalent à 85 % du SMIC pour une carrière complète également aux retraités actuels. Pour LR, c’est une « condition du vote », a précisé Eric Ciotti. « Cela supposerait d’en compenser le coût pour ne pas remettre en cause l’équilibre des retraites », a rétorqué Gabriel Attal dans les colonnes du même journal, laissant la décision finale à Emmanuel Macron et Elisabeth Borne.

Reste à savoir si les demandes de LR et de la majorité seront intégrées au projet du gouvernement. Si accord avec LR il y a, la réforme contenue dans un projet de loi de financement de la Sécurité sociale rectificatif (PLFSSR) devrait être adoptée sans avoir recours au 49.3. Et également à quel point l’opposition, et en particulier LFI, entravera le débat parlementaire et l’adoption d’amendements.

Les mobilisations que lanceront les syndicats et les mouvements de l’opinion, largement défavorables à cette réforme des retraites, seront bien entendu scrutées par l’exécutif. « Bien sûr, il y aura du monde dans les rues. Mais le principal risque, c’est la faiblesse des syndicats et l’émergence de poches de contestation totalement hors de contrôle, difficiles à anticiper et compliquées à désamorcer », explique une source gouvernementale. Un proche précise qu’« il faut aussi qu’on s’améliore sur l’explication de la réforme aux Français, sur le « pourquoi » et le « où va l’argent ».